Améliorer sa relation avec son cheval

Ma formation en psychologie équine appliquée à la Equine Behavior Affiliation ainsi que mes précédentes formations dans le domaine de la psychologie clinique et du partenariat homme-cheval me permettent de vous aider à établir une relation solide avec votre cheval.

Je vous accompagne dans l’évaluation de votre relation avec l’équidé, suivi de propositions d’amélioration et un soutien dans le temps (et éventuellement des propositions de lecture ou de tutoriels pour aller plus loin).

Quelle est l’attitude à adopter?

« Faites de votre mieux jusqu’à ce que vous sachiez mieux. Puis, lorsque vous savez mieux, faites mieux ». Maya Angelou

Précisons d’abord qu’on n’obtient aucun changement positif si on est hostile envers soi même, à côté de l’objectivation des caractéristiques de votre relation avec votre animal, il est important de ne pas paralyser toute possibilité de changement en culpabilisant.

La recherche de Barbara Frederickson a montré que ce sont au contraire les émotions positives, par exemple l’enthousiasme, la joie et la fierté, qui nous permettent de nous développer et de progresser (cf. la théorie ‘Étendre et développer qui s’applique tant aux entreprises qu’au sport de haut niveau, 2001, 2013, cf. liens et schéma ci-dessous).

La plupart des personnes avec lesquelles je travaille font de leur mieux et sont volontaires pour améliorer leur relation avec leur animal, mais sont souvent freinés dans leur progrès par les émotions négatives qu’ils ont envers eux-mêmes qui accompagnent la prise de conscience.

Ci-dessous quelques éléments clés pour comprendre pourquoi le fait d’avoir une relation de qualité avec son cheval est assez central. 

Qu’est-ce qu’une relation? Quelques définitions

Une relation est un lien interpersonnel entre deux ou plusieurs individus qui se caractérise par une interaction et une communication régulières.

L’interaction est le processus par lequel les individus interagissent entre elles, en échangeant des informations, des émotions et des comportements. 

La communication est le processus par lequel les personnes transmettent des informations et des émotions entre elles.

Dans une relation, l’interaction et la communication sont essentielles pour le développement et le maintien de la relation. L’interaction permet aux personnes de se connaitre et de développer une compréhension mutuelle. 

La communication permet aux personnes de partager leurs pensées, leurs sentiments et leurs besoins.

Une relation forte est caractérisée par une interaction et une communication fréquentes et de qualité. Les individus qui ont des relations fortes se sentent à l’aise de s’exprimer l’une à l’autre et de partager leurs expériences. Elles se sentent également soutenues et comprises par l’autre.

Pourquoi s’intéresser à la qualité de la relation qu’on a avec son cheval?

1  Une relation de mauvaise qualité affectera tant le travail avec le cheval, que sa santé – psychique et physique – à long terme

« Établir une relation basée sur la confiance mutuelle, permettant d’éviter les inhibitions dans le mouvement qui se transmettent sinon au dos. Les problèmes émotionnels et psychomoteurs se révèlent dans le dos, chez l’humain comme chez le cheval. »

Cette citation est tirée de l’édition anglaise de l’ouvrage ‘Approche de la kinésithérapie du cheval’ de Jean Marie Denoix et Jean Pierre Pailloux (2011, 2nd edition). Les auteurs poursuivent:

« La kinésithérapie ne peut être envisagée sans une compréhension préalable de la nature sensorielle et instinctive du cheval. La nature sensorielle se révèle dans la façon dont le cheval réagit à la fois à nous et à son environnement immédiat. La nature instinctive concerne le monde de la réponse émotionnelle et de la communication que nous partageons en commun. Un vrai cavalier se familiarisera avec les deux. Être en bons termes avec son cheval se manifeste par des mouvements sains et non restreints. Une mauvaise relation se révèle, au niveau compétitif, par des mouvements hésitants et restreints.« 

Plusieurs décennies après la 1ère édition de l’ouvrage de référence de Pailloux et Denoix ci-dessus, un ouvrage qui porte sur la fatigue de la capacité de portage de Dr Ruzicka (2023) arrive à des conclusions très similaires.

Pour le cheval, animal de fuite, la composante psychique de la décontraction est directement liée à la chaîne (musculaire) des extenseurs et au tonus musculaire (c’est également le cas pour les humains, c’est pourquoi tant de personnes souffrent de maux de dos).

Tout comme le corps, le mental du cheval a souvent besoin d’attention et de traitement, car l’épuisement physique et psychique sont directement liés. Si du stress ou même des traumatismes sont présents, ils ont toujours un impact sur la qualité du pas et on sait que la capacité de régénération diminue lorsque le psychisme est affaibli. La posture et le bien-être vont de pair.

Sans les conditions préalables discutées, nous n’obtenons jamais de nos chevaux des schémas de mouvement qui préservent la santé, le chemin vers le corps passe par le psychisme.

Le travail de base de la communication de base et de la construction de relations apportera à long terme des résultats bien plus importants qu’un entraînement axé sur le corps. Il n’y a pas de raccourci, tout particulièrement dans ce domaine. »

Voilà, ce sont des avis assez tranchés par des auteurs et praticiens reconnus dans le domaine de la santé physique du cheval.

2  Une relation de mauvaise qualité peut être une des raisons qui peuvent faire émerger des problèmes de comportement 

Comme par exemple l’agressivité envers l’humain, ou l’inattention (le fait de bousculer l’humain ou de lui marcher sur les pieds), le manque de coopération en général, les refus devant un obstacle, les difficultés de transport (refus de rentrer dans un camion).

La relation est souvent un élément clé dans l’approche de ce type de problème bien que le l’évaluation doive porter, avec tout le réalisme nécessaire, sur toute la situation de vie et de travail du cheval pour comprendre les causes des problèmes de comportement (cf. article sur la santé mentale équine : les 5 libertés).

En réalité il est souvent plus facile d’améliorer la relation qu’a un cavalier avec un équidé que de changer de mode de vie d’un logement quasi-temps plein en box et seul à une vie majoritairement au pré, entouré de congénères avec lequel le cheval a de bonnes relations. 

Je ferai un article sur les ajustements possibles à faire même dans un contexte de vie majoritairement en box individuel, qui sera dans la partie Ressources de ce site.

Cela ne revient pas à normaliser le fait qu’un cheval passe la majorité de sa vie seul en box, juste à être réaliste par rapport aux chances que cela pourrait évoluer à court terme dans beaucoup de cas et donc à travailler au mieux avec cette réalité.

Quels sont les critères qui permettent d’évaluer la qualité de la relation qu’on a avec son cheval?

Les questions qu’on peut poser pour comprendre la qualité de la relation sont par exemple (sachant qu’il est très difficile d’évaluer objectivement la relation qu’on a soit même avec quelqu’un d’autre, a fortiori un animal) :

Est-ce que le cheval est confiant qu’il ne sera pas blessé, menacé ou effrayé par l’humain? 

Est-ce que l’humain a un regard positif inconditionnel envers le cheval? Ou au contraire:

Est-ce que l’humain a un certain nombre d’a priori sur le cheval? (Il est dominateur, il est irrespectueux, il est ingrat, il est bête, etc. la liste est longue)

Est-ce que le cheval fait a priori majoritairement de bonnes expériences lorsque l’humain est présent?

Est-ce que le cheval peut avoir confiance que l’humain pour le protéger de dangers extérieurs?

Est-ce que l’humain est capable de l’écouter quand le cheval est inquiet, confus, frustré ou mal à l’aise (présence à lui / réponse appropriée)?

Est-ce que globalement le style d’interaction et de communication entre les deux, cheval et humain, est positif, respectueux, efficace et fluide? 

On a dit dans le contexte du cheval « survival of the nicest », le plus sociable (gentil) survit, car le groupe est un facteur de sécurité et de survie pour l’équidé. De nombreux comportementalistes considèrent que le cheval peut être sensible à un équivalent équin d’équité, de fair play, de justice. Autrement dit, un équivalent équin du concept de justice et d’équité peut exister dans le monde équin, parce qu’il y a un avantage – de sécurité et de survie – pour le groupe. 

Cela signifie que le cheval peut donc très bien vivre une forme équine de sentiment d’injustice, s’il ne comprend pas certaines demandes de l’humain. Ce qui peut affecter sa relation avec lui.

Et inversement, que les expériences qu’il vit avec l’humain fassent sens pour le cheval est un facteur de bonne relation et de bien-être.

Beaucoup de ces questions peuvent et doivent s’évaluer dans les deux sens (cheval <==> humain).

Dans quels cas est-il impossible d’évaluer la qualité de la relation?

Par exemple quand d’autres problèmes ou symptômes sont au premier plan et rendent impossible l’évaluation de la relation. Par exemple, si le cheval est hyper-vigilent et n’est plus réceptif à son humain dans de nombreux situations ou au contraire s’il est apathique, et ne montre que peu de réactions aux stimuli venant de l’environnement. Dans ces cas là il faut réduire les symptômes qui sont au premier plan d’abord avant de pouvoir évaluer la qualité de la relation.

Conclusion

La relation est un des composants du modèle bio-psycho social de la santé et de la santé mentale qui s’applique tant aux humains qu’aux chevaux. Sa qualité impacte de nombreux aspects de la vie et du travail de l’humain avec le cheval et réciproquement.

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Ressources

Physical Therapy and Massage for the Horse (2011) Jean-Marie Denoix, Jean-Pierre Pailloux

Trageerschöpfung beim Pferd (2023) Dr. S. Ruzicka

Dr. Barabara Frederickson, la théorie « Étendre et développer » (Broaden and build en anglais): qui montre l’importance des émotions positives pour la performance Cairn, Cairn 2. Voici un schéma, adaptée

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