Equine Fascia & Trauma Release

Pourquoi s’intéresser aux fascias ?

Les fascias sont beaucoup plus innervés que les muscles, le ressenti des douleurs se fait au niveau des fascias comme on sait aujourd’hui. Les fascias sont comme une toile d’araignée. La plus petite cicatrice à un endroit peut impacter le fonctionnement dans son ensemble et créer des perturbations ailleurs dans le corps. 

Sans les fascias, les muscles perdent leur forme et les os leur maintien (c’est le principe ténségral) : en agissant sur les fascias, il s’agit donc d’harmoniser l’ensemble pour restituer le bon fonctionnement au corps.

En quoi les fascias des chevaux sont différents de ceux de l’humain ? Les fascias superficiels des équidés sont plus durs que chez l’humain, sachant qu’entre différentes races de chevaux il peut y avoir beaucoup de différences. Les races dites « chevaux de trait » ont en général une tension fasciale bien moins élevée que l’autre extrême du spectre, les chevaux pur-sang.

C’est la superposition de différents couches fasciales qui permet la transmission d’énergie, elles doivent donc pouvoir glisser. Certaines cicatrices, comme les cicatrices de castration des hongres, peuvent perturber le mouvement, le fonctionnement locomoteur etc. de ces derniers. Raison pour laquelle elles sont toujours traitées dans le Equine Fascia & Trauma Release.

Une dizaine de lignes fasciales ont été identifiées, dont la ligne dorsale

Le fascia qui entoure le cœur est liée au fascia du sternum, des côtes, de la tête, des jambes : tout est dynamique et fonctionne en réseau. Le cœur est un organe kinésique : il est influencé par le mouvement. 

Les fascias ont besoin d’humidité et de mouvement, faute de quoi il y a des tensions, restrictions, tiraillements, adhérences et rigidités qui peuvent avoir leur origine à un endroit localisé mais se répercutent sur l’ensemble du système.

Le traitement du trauma chez l’équidé

Dans le cerveau, le trauma est dans le système limbique chez les mammifères. Le tremblement neurogène est intéressant pour le traitement du trauma contenu dans le corps. Il s’agit d’une décharge (les fascias sont « électriques ») à effet relaxant. 

Cette vidéo montre le tremblement neurogène (à partir de la 10è seconde environ): les fascias travaillent.

On voit les ondulations-vibrations apparaître à partir de la 10è seconde environ: elles montrent que les fascias travaillent

Les chevaux en box et surtout les chevaux des centres équestres passent trop de temps dans un état de « freeze » (figement), ils ne peuvent fuir (« flight »), et ne peuvent pas se battre.

Le tremblement neurogène est, selon Liza Kimble, la seule solution : il crée un « reset », une remise à zéro du système nerveux.

Le tremblement neurogène peut se présenter sous des aspects très variés, des petits vibrations-ondulations comme celles qu’on voit sur la vidéo ci-dessus, ou un mouvement étrange, ou seulement une jambe qui tremble, etc.

Les lumières colorés, infrarouge etc. peuvent détendre le tissue, suite à quoi un travail manuel devient parfois possible lorsque le cheval ne tremble plus.

Le psoas, ce muscle profond dans le centre du corps de l’humain et de l’équidé, se contracte en cas de trauma – c’est le lieu qui se contracte le plus en cas de trauma, c’est le chantier #1. Il tend à se raccourcir. Le psoas est impliqué dans les dorsalgies (les douleurs du dos). Et si le psoas est tendu, cela impacte aussi les intestins et donc la digestion, ainsi que les reins. On peut difficilement atteindre le psoas directement via des massages, mais on le cible à travers d’autres muscles, les adducteurs.

Le traitement des cicatrices chez l’équidé

La plus petite cicatrice peut provoquer des perturbations. Certains muscles sont désactivés (le cerveau fuit les zones du corps vécus comme insécurise, le cheval a vécu un trauma physique ou psychique à cet endroit). Le corps compense par d’autres muscles qui sont sur-sollicités. Des différences au niveau de la température cutanée peuvent s’expliquer de cette façon : un muscle qui travaille est plus chaud (plus de circulation sanguine) qu’un qui est désinvesti.

Quelles cicatrices peuvent mériter un traitement ?

Liza Kimble considère qu’il ne faut négliger aucune cicatrice. Il peut s’agir de cicatrices de castration, d’opération, d’accidents ou de conflits au pré, des petits trous de drainage dans le contexte d’une opération, même la cicatrice de l’accouchement ou de ponctuation sur l’encolure pour faire des injections peuvent nécessiter un traitement.

On fait revenir la proprioception à l’endroit de la cicatrice et on réduit les adhérences pour rétablir un fonctionnement normal des fascias. 

Certaines cicatrices, comme celles d’injections (vaccins etc.), ne sont pas visible à l’oeil nu et à la surface

Plus l’équidé a passé du temps en mode dissocié (déconnecté de son corps, de son ressenti, même partiel), plus il faut du temps pour faire revenir le tremblement (par exemple les vibrations ondulations de la vidéo ci-dessus). Le traitement de chevaux de centre équestre peut être un peu plus long.

Le traitement des cicatrices permet au cheval de bouger à nouveau plus librement et de manière plus fonctionnelle sur le plan biomécanique. Compte tenu que le risque de blessure est plus grand si les fascias ne fonctionnent pas bien, traiter les cicatrices c’est aussi agir dans le sens de la préhabilitation.

Y a-t-il des outils qui nous aident lors du traitement des fascias ?

Les lumières colorés peuvent assister le travail, les outils en silicone, les spatules, les étrilles en caoutchouc ou silicone, tout ce qui permet d’avoir un effet de traction plus fort que les doigts seuls qui constituent néanmoins notre principal outil.

Après le traitement

Le traitement progresse par vagues, parfois le cheval se sent bien après, parfois il se sent un peu « courbaturé ». C’est très variable. Il peut avoir différents ressentis aussi au cours ou après le traitement : démangeaisons, chaud / brulure ou au contraire froid. Le traitement fait parfois revenir d’anciennes inflammations à des lieux de trauma pour finir la guérison. Le cerveau réinvestit des lieux qu’il a évité, qu’il ne voulait plus « voir ». Il est bien de lui laisser un à deux jours sans travail intensif après le traitement. L’humain aussi peut ressentir des courbatures après un massage…L’idéal est de le marcher 10 minutes après la séance. Parfois l’équidé tousse après la séance, ou perd du mucus etc.: il se débarrasse de toxines par exemple.

voir aussi Guérir le mental et le corps des chevaux en agissant sur les fascias

Source : Formation Liza Kimble EF&TR, Allemagne 2023; Présentation Dr. Rikke Schultz

Sur Liza Kimble

Basé sur la recherche sur les fascias, les travaux de Dr.vet. Rikke Schultz et Dr.vet. Vibeke Elbrond (Fascialines.com), la théorie polyvagale du Dr. Stephen Porges et l’approche du Dr. Bercelli, TRE (Tension and Trauma Releasing Exercices), le “Equine Fascia and Trauma Release“ de Liza Kimble applique les innovations dans le domaine de la thérapie du trauma (physique et psychique) aux équidés. De mon point de vue la meilleure approche mind-body pour le trauma équin, avec un axe de travail sur les cicatrices (lieux d’adhérences fasciales et de trauma). Liza fait partie du Fascia Research Network.

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