Massage équin

Pourquoi faire masser son cheval ?

Le massage contribue à l’économie générale du corps de l’équidé et à sa capacité à fonctionner efficacement, sainement et durablement.

massage equin
massage des muscles des jambes

Faire masser son cheval, ça équivaut « payer pour des papouilles »? Pas selon un nombre croissant de professionnels de la filière équine internationale: Plus largement utilisé dans les pays anglo-saxons et germanophones, le massage équin offre un large spectre d’applications, que ce soit pour un cheval de sport, de course, de loisir, retraité ou même un jeune qui ne travaille pas encore, pour favoriser son développement physique et psychique, ainsi que pour une jument après une naissance. 

Les bénéfices qu’on reconnaît au massage équin liste non-exhaustive *

massage cheval
massage de l’épaule
  • Optimiser les performances sportives (raideurs, problèmes de mobilité, résistances, headshaking, irrégularités au niveau de la cadence, ‘fautes’ de langue, grincement des dents etc.)
  • Le massage (palpations etc.) en tant qu’instrument diagnostic et préventif : situation particulière du cheval, qui a tendance à compenser plutôt que de communiquer ses douleurs, ce qui rend nécessaire d’agir en amont pour prévenir l’installation chronique des troubles (cf. ci-dessous) :
    • Permet une réduction des coûts thérapeutiques au cours de la vie de l’équidé, etc.
    • Mise en œuvre de stratégies préventives et préhabilitatives, réduction du risque de blessure
    • Contribue à prolonger la durée de vie active de l’équidé
  • Diminue le rythme cardiaque et agit sur le stress, relâchement du système nerveux, avec les effets positifs sur le système immunitaire et digestif etc.
  • Préparation et récupération après un effort (concours, course etc.)
  • Relâcher les tensions musculaires
  • Santé du dos
  • Endurance et stabilité du corps
  • Améliorer les tissus conjonctifs et cicatriciels: à la suite de procédures chirurgicales ou d’accidents / traumas se forme un tissu rigide et des adhérences qui peuvent être à l’origine de perturbations importantes et systématiques (cf. aussi santé des fascia)
  • Assouplit le cheval
  • Réduire les tensions ostéoarticulaires et musculaires
  • Augmenter l’amplitude articulaire
  • Stimuler le système lymphatique et sanguin
  • Évacuer les toxines du corps
  • Relaxation profonde, intéressante pour les chevaux stressés ou anxieux  grâce à la libération d’endorphines pendant le massage.
  • Amélioration de la relation avec l’humain / confiance
  • Amélioration du contact, de la confiance et de l’acceptation du toucher pour des chevaux sensibles, difficiles ou « traumatisés » par l’humain par des techniques douces, la libération d’endorphines pour reconnecter le cheval à des sensations positives dans son corps.

Quand on masse un cheval, on manipule les tissus mous du corps afin d’atteindre des objectifs spécifiques de drainage, de relaxation ou de stimulation, en outre on cible des problèmes liés aux muscles tels que les trigger points et les stress points.

Cce sont les parties molles qu’il faut viser de manière prioritaire, pour améliorer l’équilibre musculo-squelettique dans l’ensemble

En effet, Katja Eser, ostéopathe équine allemande et auteure de l’ouvrage Checkliste Pferdeosteopathie considère que puisque ce sont les parties molles (muscles, fascia, tendons, ligaments etc.) qui maintiennent le squelette, ce sont aussi ces parties molles qu’il faut viser de manière prioritaire, pour améliorer l’équilibre musculo-squelettique dans l’ensemble. Une fois les tensions et blocages des muscles résorbés, le cheval peut retrouver son équilibre, y compris au niveau de son squelette. D’ailleurs les chevaux font souvent leur « auto-thérapie » après une séance (en cherchant les mouvements qui leur font du bien, se rouler, galoper, ruer etc.), ils sont partenaires actifs dans le travail ils sont partenaires actifs dans le travail de massage qu’ils complètent. 

Le massage améliore considérablement la circulation, favorisant ainsi un bon apport de nutriments aux groupes musculaires et à la peau etc. 

Le massage réduit également le stress sur le système nerveux, aidant les facteurs d’autorégulation psychophysiologique entre le corps et l’esprit. Lorsque le massage est utilisé dans un but thérapeutique, la massothérapie permet d’accélérer le rétablissement après une blessure*.

En outre, le massage renforce notre lien émotionnel avec l’équidé qui apprend à se détendre au contact avec l’humain et à faire confiance, il devient plus tolérant par rapport aux interactions avec l’humain et ce que ce dernier lui demande. Le massage a donc souvent aussi un impact sur ce qu’on appelle le caractère de l’équidé.

Un outil diagnostic pour un partenaire non verbal, animal de proie qui cache ses vulnérabilités

Le massage est un formidable outil de diagnostic qui permet de sentir et de détecter les anomalies et les problèmes en amont du développement de boiteries etc.  comparé à une analyse exclusivement visuelle de l’équidé. Le massage vous aidera à éviter d’éventuelles complications dont le traitement pourrait s’avérer très coûteux.

Cela est essentiel puisqu’il est impossible d’accéder aux techniques de prévention dont bénéficie l’humain qui communique de manière verbale ses maux et cela très en amont de l’aggravation. Les équidés au contraire cachent le plus longtemps possible leur douleurs et difficultés musculo-squelettiques pour éviter d’être rejeté par leur troupeau (les chevaux vulnérables sont souvent ostracisés car le troupeau craint d’attirer l’attention de prédateurs). Cacher ses vulnérabilités le plus longtemps possible est important pour le cheval aussi parce que les prédateurs ciblent la proie la plus facile. 

Le massage est l’une des plus anciennes formes de thérapie ; elle a été utilisée par des personnes depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Des formes de massages équins ont été pratiquées par les Chinois et les Romains de l’Antiquité et, plus récemment, par les Indiens Hopi de l’ouest des États-Unis.

Cf. onglet Préhabilitation et prévention

Le massage a une influence thérapeutique très large sur les chevaux de tous âges et de toutes conditions

Il est largement utilisé pour prévenir et soulager le stress, ainsi que pour aider à la guérison des blessures. Les techniques de massage agissent en toute sécurité sur l’ensemble du corps en régulant les systèmes circulatoire, musculaire et nerveux et leur fonctionnement interdépendant. Le massage détend votre animal lorsqu’il est agité et lui redonne force et souplesse lorsqu’il est fatigué. Il aide à éliminer les toxines et à augmenter l’oxygénation pour un meilleur métabolisme, ce qui permet d’améliorer les performances et de réduire le temps de récupération. 

Au fil du temps, on constate en général aussi une amélioration de son comportement, qui devient plus équilibré et serein et tolérant, puisqu’il est mieux dans son corps.

Ce bien-être physique nouveau contribue de manière importante au bien-être psychique : là encore l’animal de proie qui dépend des capacités de corps pour sa survie, retrouve une meilleure confiance via un meilleur équilibre dans son corps. Autrement dit, un meilleur bien être psychique grâce à un meilleur bien-être physique.

A travers les séances de massage, l’équidé fait aussi de bonnes expériences avec l’humain, ce qui peut corriger son regard sur sa relation avec l’espèce humaine en général.

* Le massage ne remplace pas des soins vétérinaires mais propose d’agir en complémentarité et aussi souvent en coopération avec le vétérinaire pour mettre en œuvre des stratégies spécifiques (réduction du stress, mobilisations etc.). En France, l’ostéopathie et la physiothérapie est réservée aux médecins vétérinaires

Comment prévenir les troubles des tendons?

Sources 

Helle Katrine Kleven, Biomechanik und Physiotherapie, FN Verlag, 2ème édition 2017

Jean Pierre Hourdebaigt, Equine Massages, 2007

Katja Eser, Checkliste Pferdeosteopathie, Sonntag, 2017

Evaluating the Benefits of Equine Massage Therapy: A Review of the Evidence and Current Practices, Mike Scott, LMT, CSF, and Lee Ann Swenson, Journal of Equine Veterinary Science, 2009

Jack Meagher, Muskelprobleme bei Pferden, Vorbeugung und Behandlung, Müller,1998

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