
Mon travail met l’accent sur les systèmes nerveux et fascial du cheval. Les interventions que je propose associent différentes techniques myofasciales, en fonction des problèmes du cheval. Je m’efforce d’intervenir sur la cause profonde de l’inconfort physique et des postures ou mouvements compensatoires, d’aider le cheval à relâcher les tensions musculosquelettiques chroniques. Ce travail favorise l’amélioration de l’amplitude de mouvement dans les zones clés du corps qui influencent la performance.
Les outils dits « IASTM », en anglais « instrument assisted soft tissue mobilization » sont une aide précieuse dans ce travail. Il en existe de nombreux. Nous verrons ici (I) les lames ou « blades » en acier et (II) les ventouses, le « cupping ».
I Comprendre la mobilisation des tissus mous assistée par instrument (IASTM) – les lames
Je veille à intégrer les méthodes les plus récentes et éprouvées dans ma pratique, afin d’améliorer le bien-être et les performances de votre cheval. L’IASTM est une approche de pointe pour traiter les lésions et dysfonctionnements des tissus mous. Nous verrons dans la suite de cet article le fonctionnement de l’IASTM, ses bénéfices et pourquoi elle constitue une partie essentielle des soins intégratifs.
Qu’est-ce que la thérapie instrumentale de mobilisation des tissus mous (IASTM) ?

L’IASTM, en anglais « instrument assisted soft tissue mobilization » est une technique qui consiste à utiliser des instruments spécialement conçus afin d’appliquer une pression contrôlée et une mobilisation sur les tissus mous du corps, tels que les muscles, les tendons et les fascias. Cette technique aide à améliorer les cicatrices qui restreignent les tissus, libérer les adhérences et stimuler les processus naturels de résilience du corps, favorisant ainsi une meilleure mobilité et réduisant l’inconfort physique du au dysfonctionnements des tissus mous.
L’objectif est un corps au fonctionnement optimisé du point de vue de la locomotion, de la posture, de la mobilité, de l’innervation, de la vascularisation etc.
En quoi l’IASTM est une intervention neuro-fasciale?

En communiquant avec le système nerveux, les interventions neuro-fasciales aident à signaler qu’une zone n’est plus inconfortable ou douloureuse. Cela interrompt le cycle douleur-spasme-douleur, permettant ainsi un relâchement myofascial plus profond et plus efficace, sans résistance ni crispation.
La technique rééduque le système sensoriel du corps, favorisant des améliorations dans :
- La proprioception et la conscience du corps
- La posture fonctionnelle (capacité de portage, posture tête-encolure correcte)
- La coordination des mouvements et la stabilité posturale
- Le tonus musculaire et la qualité de l’équilibre
En agissant à la fois sur les systèmes fascial et nerveux, l’intervention neuro-fasciale réduit les tensions, favorise l’équilibre et aide à rééduquer les schémas moteurs qui ont pu être perturbés par une blessure, une compensation chronique, des déconnexions neurologiques ou un mauvais ajustement de la selle.
Comment fonctionne l’IASTM


- Évaluation : La première étape de l’IASTM est une évaluation approfondie de l’état de votre cheval. Nous examinons attentivement les zones concernées pour identifier les restrictions tissulaires, adhérences ou tissus cicatriciels pouvant provoquer douleur ou limitation de mouvement.
- Application des instruments : À l’aide d’instruments ergonomiques en général en acier inoxydable mais pas que, nous appliquons une pression précise et contrôlée sur les zones cibles. Ces instruments nous permettent de détecter et d‘agir sur les tissus affectés plus efficacement que les techniques manuelles seules.
- Mobilisation tissulaire : Les instruments sont utilisés pour mobiliser les tissus mous, décomposer les cicatrices et les adhérences pouvant restreindre les mouvements et causer de l’inconfort voir de la douleur. Ce processus accroît également la circulation sanguine, essentielle pour apporter nutriments et oxygène aux tissus et ainsi favoriser le rétablissement.
- Stimulation de la régénération : L’IASTM stimule la réponse naturelle de régénération de l’organisme en créant des microtraumatismes dans les tissus affectés. Ces microtraumatismes déclenchent une réponse inflammatoire qui favorise la production de nouveaux tissus sains et accélère le processus réparateur.
- Soins de suivi : Après une séance d’IASTM, on peut fournir des instructions de suivi, comprenant des exercices et étirements spécifiques afin de soutenir le rétablissement et prévenir la réapparition des problèmes. Cette approche globale permet à votre cheval de conserver les bénéfices de l’IASTM sur le long terme.
Les bénéfices de l’IASTM

- Amélioration de la mobilité : L’IASTM décompose efficacement les tissus cicatriciels et adhérences, rétablissant des mouvements normaux et améliorant la mobilité générale. Cela est particulièrement bénéfique pour les chevaux en convalescence après une blessure ou un acte chirurgical.
- Soulagement de l’inconfort : En traitant les restrictions tissulaires et en améliorant la circulation, l’IASTM contribue à réduire douleur et inconfort, permettant à votre cheval de bouger plus librement et confortablement.
- Accélération de la guérison : L’augmentation du flux sanguin et la stimulation de la réponse de guérison favorisent une récupération plus rapide, réduisant le temps d’arrêt et aidant votre cheval à retrouver sa pleine performance plus tôt.
- Amélioration des performances : Des tissus mous sains et flexibles sont essentiels à des performances athlétiques optimales. L’IASTM aide à préserver l’état et le bon fonctionnement de ces tissus, renforçant la force, l’agilité et l’endurance de votre cheval.
- Prévention des blessures futures : Des séances régulières d’IASTM peuvent prévenir l’apparition de nouvelles blessures en maintenant le bon fonctionnement des tissus et en traitant les problèmes mineurs avant qu’ils ne deviennent majeurs.
II Le « cupping » ou le travail avec les ventouses

Le cupping est utilisé, entre autres, en cas de muscles contractés, de fascias adhérents ou de tissus cicatriciels rigides. Dans le domaine animal, différents types de ventouse, de tailles variées, sont disponibles, ce qui permet de traiter différentes zones du corps du cheval. Grâce au mécanisme d’aspiration de la peau, des hormones tissulaires sont libérées et la circulation est stimulée. La conséquence de cette activation de la circulation sanguine est une augmentation maximale de l’ensemble du métabolisme et du flux lymphatique. Cela favorise également l’élimination des toxines. Le traitement ne cible pas uniquement les couches supérieures de la peau, des muscles et des fascias, mais atteint également, grâce aux chaînes musculaires et fasciales, les couches les plus profondes.
Mécanisme d’action du cupping
La décompression des fascias par les ventouses élimine les adhérences fasciales, ce qui améliore le glissement et le mouvement le long d’une ligne fasciale entière. En décompressant les terminaisons nerveuses présentes dans le fascia, on améliore l’innervation, on diminue la douleur et on améliore la proprioception. Tout cela se traduit par une amélioration de la mobilité.
Les ventouses créent une pression négative (« vacuum »), décompressant et séparant les tissus sous-jacents afin de créer davantage d’espace. Cela permet une augmentation du flux sanguin et du flux lymphatique, ce qui contribue au rétablissement des tissus et la résilience du cheval.
Le cupping a une capacité de décompression plus puissante que le taping, ce qui lui permet d’atteindre certaines couches plus profondes du fascia.
Pourquoi utilise-t-on le cupping ?

- Libérer les adhérences fasciales
- Remodeler le tissu cicatriciel
- Réduire les points « trigger » douloureux
- Améliorer la circulation sanguine et lymphatique
- Soulager la douleur
- Favoriser la mobilité et l’amplitude de mouvement
- Améliorer les cicatrices anciennes
Que dit la science? Une étude de Nagahara et al. de 2022 (cf. ci-dessous) prouve que cette intervention est efficace contre les maux de dos du cheval.
Ressources
« Acute effects of dermal suctioning on back pain in racehorses: a pilot study », R. Nagahara1*, S. Suganuma2, T. Tsuda1, T. Shibutani3,4 and S. Enomoto5,6
Fascia and the Vagus Nerve, Dr. Arielle Schwartz
