Comprendre et résoudre les dysfonctionnements du galop
« Pégase » est un hongre anglo-arabe de 13 ans.
Ce cas permet d’illustrer la nécessité de maîtriser l’anatomie fonctionnelle equine dans la prise en charge massage-physio, faute de quoi les résultats ne seront pas les mêmes. Il en va de même pour la compréhension du fonctionnement du système nerveux équin, a fortiori dans le travail avec les chevaux dits « proches du sang ».
Fin novembre 2025

On me propose de faire des séances avec « Pégase » pour les raisons suivantes.
De longue date:
- le cheval a du mal à galoper, il change de pied, galope « désuni », cf. vidéos ci-dessous.
- il a un genou droit « instable » (mouvement tremblant / oscillant par moment)
- mouvements globalement raides, saccadés, peu de protraction / retraction des membres (mouvement en avant et en arrière), surtout le postérieur droit n’engage pas
- dos sensible, défensif au moment de seller
Depuis plus récemment, une nette dégradation de sa locomotion et de son comportement:
- le cheval est rétif en reprise
- tape du pied sous cavalier
- recule quand on lui demande d’avancer
- fait des tics à l’air en reprise
- ne se laisse plus diriger
- lève les fesses / petite ruade quand on demande de galoper / avancer
- Il jette souvent la tête en arrière quand il est monté
- dans l’interaction avec l’humain il est « stressé », irritable

Depuis longtemps il a une « fragilité » au postérieur droit, il a du mal à galoper correctement, à main droite surtout.
Beaucoup de ces comportements font partie de l’éthogramme de la douleur du cheval monté de Sue Dyson.
Le véto a vu ce cheval:
- Il a constaté que la selle est instable, il a prescrit un amortisseur en feutre pour la selle.
Mi-janvier 2026, 7 semaines environ après la 1ère seance
La majorité des problèmes ci-dessus sont résolus. [Pour plus d’infos sur mes approches, cf. la page Service où c’est décrit dans le détail, ainsi que les 1ers cas]
Locomotion: La locomotion de ce cheval avait des fragilités depuis des années, il en garde certains aspects (galop), cf. paragraphe ci-dessous sur les dysfonctionnements du galop.
Aujourd’hui, il bénéficierait d’un entrainement adapté pour pouvoir avancer de ce côté là aussi: travailler dans la décontraction, avec un contact de qualité, muscler la chaîne ventrale, ainsi que les muscles permettant l’action du genou (explications ci-dessous).
Comportement: Le cheval et beaucoup plus calme, proche de l’homme. Il s’exprime beaucoup plus, il montre davantage sa personnalité, il est joueur, câlin, plus tourné vers l’humain.
Le galop, fin novembre et mi-janvier 2026
Le trot, fin novembre et mi-janvier 2026
Nb. Il faut dire que les circonstances ne sont pas totalement comparables (un manège rond de 15m va mettre un cheval qui a un souci au galop plus en difficulté – en revanche, pour le trot ca ne change rien je dirais -, et les bandes corporelles aident l’engagement et la conscience du corps dans l’ensemble. Néanmoins, je pense qu’on se rend tout de même bien compte de la différence de la locomotion du cheval. Je n’avais là encore pas prévu d’écrire un cas, mais j’ai finalement accumulé tellement d’infos sur les dysfonctionnements du galop que j’avais envie de les partager ici, et ses progrès sont réels.
Amélioration du bien-être et du comportement, prise en compte du système nerveux équin
Au mois de décembre, on me dit qu’il est complètement transformé, qu’il est « zen » maintenant. Il n’a jamais été vu dormir par terre, maintenant on le voit bouffer son foin assis dans la paille. Il est beaucoup plus dans les activités pro-sociales, fait des câlins à tous les poneys qu’il croise sur son chemin. Il n’est plus difficile à gérer à l’extérieur de son box, mais dans l’interaction et dans le jeu avec l’humain. Un cheval qui sort d’un état de léthargie / dissociation exprime beaucoup plus de choses en général, y compris son irritation et sa frustration, et c’est son cas aussi. Mais pris dans l’ensemble, ces changements sont signes d’amélioration, cf. aussi le paragraphe sur l’embodiment dans le cas de « Venise« .


J’ai du tenir compte de ces changements aussi dans mon travail. Ma superviseuse me dit: « les chevaux proches du sang sont difficile à gérer pendant les séances. » Le cheval me demande de plus en plus de pauses, il semble plus irritable dans le box. Pourquoi? Il montre de plus en plus de signes de release (bâillements, ébrouements, lecher, mâcher etc., il s’est même secoué entièrement dans le box plusieurs fois au cours des séances) et des interactions pro sociales. ET il est plus irritable qu’au debut. Comment se l’expliquer? Il sort d’un état d’associatif ou il n’exprimait pas grande chose, et son système nerveux se sent maintenant assez en sécurité pour pouvoir faire de plus en plus de releases. Et comme il a développé la confiance que je vais réagir de manière ajusté à ses demandes, il sait qu’il peut exiger des pause dont il a besoin pour les resets de son système nerveux.
C’est donc tout compte fait une bonne chose, mais il faut être capable de l’interpréter correctement, et donner le sens juste au lieu d’être frustré et de capituler. Je me suis souvenue de ce qu’une masseur américaine disait: Parfois, le plus important dans la séance, ce sont les moments de release, c’est là que le reset du système nerveux et du schéma corporel se fait. Je pense que c’est son cas aujourd’hui. Pour plus de détails cf. cet article, ainsi que mon cas sur le travail avec un cheval dépressif.
Sur les dysfonctionnement du galop
Ce qui illustre bien, de mon point de vue, l’importance du travail en équipe entre différents acteurs: les personnes travaillant avec le cheval, le vétérinaire, la saddle fitter et les intervenants de type masseur / physio équin – avec une parfaite maîtrise de l’anatomie fonctionnelle équine (cf. mes formations) – etc. Les chevaux sont tous sur un spectre en ce qui concerne leur niveau d’entrainement, l’état de leur système musculo-squelettique et leur niveau de stress de base.
Les problèmes du galop sont aussi courants que complexes à comprendre et a régler
Voici le dernier retour de ma superviseuse (en janvier), confirmation ma perception, sur les dernières vidéo: « le cheval semble beaucoup plus content. Et je suis d’accord avec toi, il lui manque encore de la musculature. Comme tu dis, les mauvais muscles sont sur-entrainés et contractés pour cette raison, donc uniquement la chaine dorsale, donc la chaine extenseur, c’est pour cela qu’il a toujours du mal à tourner (au galop). Car pour tourner il doit avoir une chaîne ventrale bien musclée. C’est en effet un problème d’entraînement. Ca va surement s’améliorer si tu le longes avec LAD* » […de manière physiologiquement correct, pour l’athéltiser, selon les principes de ‘*Longieren als Dialog‘, nb. c’est une formation allemande sur le travail de longe correct, gymnastiquant et athlétisant de manière non-usante en travaillant dans la décontraction et les bonnes chaînes musculaires].
La décontraction nécessaire au travail, tout particulièrement avec ce cheval, commence dans la tête, un cheval qui continue à fonctionner essentiellement dans le système nerveux « sympathique » (le mode « fight-fligh », mode réactif, stressé, mode de survie) ne pourra pas prendre une posture de la tête de de l’encolure qui lui permet l’utilisation physiologique de tout son corps. Tenir compte de son système nerveux et amener plus de régulation là dedans faisait donc partie du travail.
J’ai lu l’autre jour dans un livre sur « quel travail pour quel type d’extérieur » : un dos long veut dire région lombaire longue: il serait courant qu’ils aient des problèmes au galop. Et les anglo-arabes ont un dos long.
Et Julie von Bismarck (une osteo allemande) raconte récemment sur son facebook, qu’on lui a montré un cheval qui avait un genou faible, son analyse: si le cheval est travaillé sans décontraction, il raidit le dos / la région lombaire, ca fait qu’il utilise les mauvaises chaînes musculaires, qu’il n’utilise plus assez bien les muscles qui sont sur la face devant au niveau du genou (la partie craniale du genou comme on dit), qui s’affaiblissent. ca donne ce coté genou instable. et les structures a l’arrière (« caudales »/ cf. ci dessus, les mauvaises chaînes musculaires) sont trop sollicités : ce qui fait qu’à la longue locomotion usant (cf. galle au niveau de la jambe de Pégase?)
Qu’est-ce qui provoque les problèmes de galop?
[Extrait de la vidéo ci-dessous]
Sur l’influence du style d’équitation et son influence sur la qualité de la locomotion et du galop
Le Dr. Dyson répond à la question suivante: « Si le cheval est monté dans une attitude figée, a fortiori avec le chanfrein derrière la verticale, quel en est l’impact sur le galop?«
« Nous faisons face à une véritable épidémie de chevaux montés au trot et au galop avec une attitude très figée.
C’est extrêmement préjudiciable pour le développement du cheval.
Cela modifie la posture de l’encolure et perturbe l’engagement du “thoracic sling” (muscles suspenseurs thoraciques). Ces muscles essentiels doivent apprendre à fonctionner correctement, ce qui n’est possible que lorsque la tête est dans une position correcte.
Le cheval aura alors davantage de difficultés à engager ses postérieurs.
Tout cela entraîne une série de conséquences néfastes, créant une surcharge mécanique et prédisposant le cheval à différents types de blessures, en particulier au niveau des membres postérieurs.
Avec un jeune cheval, on veut voir le cheval relevé et ouvert devant, il doit développer le moteur:
La puissance vient du postérieur / de l’arrière main et le galop dépend de la puissance venant de là.
Le moteur vient du postérieur.
Cf. aussi l’article sur la qualité du contact, qui approfondit cette problématique.
Certains chevaux ont des douleurs au niveau de la région lombo-sacrée et / ou sacro-iliaque, ce qui provoque les dysfonctionnement du galop, ce qui souligne l’importance de travailler avec le vétérinaire, et l’importance d’une recherche de cause primaire approfondie (cf. dernière partie de cet article).
Problème d’entraînement ou problème physique? Et lien avec la selle
Les problèmes de galop font partie des problèmes qu’on prend souvent à tord pour des problèmes relevant de l’entraînement (autrement dit on ne soupçonne pas de problème musculo-squelettique sous-jacent).
De même, dans le Live with Dr. Sue Dyson – Canter Dysfunction Dr Dyson dit que le galop désuni montre des problèmes au niveau du postérieur. (env. min 17 du live ci dessous), extrait ci-après:
L’instabilité de la selle
En lien avec un problème de galop, on observe souvent un glissement de la selle. La selle glisse davantage vers le côté de la jambe inconfortable. Elle glisse plus au galop qu’au trot, et ici elle glisserait vers la droite, donc le problème pourrait venir du postérieur droit, ou du postérieur le plus atteint, car nous traitons fréquemment des problèmes aux postérieurs gauche et droit, et au dos. Si le cheval est meilleur quand on ne reste pas assis au canter, cela indiquerait une douleur dorsale primaire (comme cause principale du problème du galop).
Si le cheval est nettement meilleur sans cavalier assis dans la selle qu’avec, cela pourrait indiquer une douleur dorsale ou lombo-sacrée.
Sue Dyson dit qu’en fait la selle est bougé de manière asymétrique si un des postérieurs a un problème, ou si un a un problème plus grave que l’autre postérieur. Donc la chaîne de cause à effet serait, selon Dr Sue Dyson, dans ce sens : la selle bouge plus / de manière asymétrique / instabilité de la selle à cause du problème du / des postérieurs.
Sachant que bien sur ça peut être les deux, problème du / des postérieurs ET problème au niveau de la selle / instabilité.
D’autres causes de l’instabilité / du glissement de la selle
La selle peut glisser à cause de l’asymétrie du dos, l’asymétrie au niveau du rembourrage des panneaux de la selle, ou à cause de l’asymétrie du cavalier, mais la principale cause est une boiterie au niveau du postérieur. L’instabilité ou le glissement de la selle peut induire aussi l’asymétrie du cavalier et un compression asymétrique des panneaux de la selle (p. 157).
D’autres phénomènes et leur possible interprétation
[1ère version provisoire, extraits du livre de Sue Dyson Harmonious Horsemanship]
Réaction lorsqu’on selle le cheval
L’évitement lors du sanglage ou un comportement anormal pendant qu’on met le filet ou la selle, ont été montrés comme étant liés à une selle inadaptée, en particulier à des pointes d’arcade trop serrées, ou à des douleurs musculosquelettiques.
Donc si le cheval réagit avec un comportement défensif / agressif (mordre dans quelque chose devant lui ou autre) cela peut être du a des douleurs au niveau du système musculo-squelettique ou à un matériel inadapté.
Il faut garder à l’esprit que même une fois la selle corrigée et le problème qui provoquait la réactivité au moment de mettre la selle disparu, le cheval peut continuer a montrer des signes de réactivité encore plusieurs semaines après. Il s’attend toujours à une gêne / douleur et n’a pas encore intégré que le problème est résolu désormais.
L’ouvrage permet entre autre de différencier les problèmes qui peuvent être de simples problèmes d’entraînement vs des problèmes musculo-squelettiques.
Problème d’entraînement vs. problème musculo-squelettiques
Si le cheval peut faire quelque chose à une main sans trop de problème mais pas à l’autre, cela traduit en général un problème musculo-squelettique.
Un changement dans le comportement d’un cheval monté survient généralement en raison d’une douleur musculo-squelettique sous-jacente (mais peut aussi intervenir à cause du niveau de confiance du cavalier). Alors, si le cheval garde plus difficilement le galop à main gauche que le galop vers la droite? Un cheval normal doit galoper de la même manière à main gauche et à main droite, il ne doit pas changer de postérieur droit/gauche de manière répétitive en galopant et ne doit pas montrer des signes de « paresse »(p. 216).
Il existe de nombreuses modifications du galop qui traduisent un inconfort musculo-squelettique et représentent souvent une tentative de répartir la charge entre les membres, ou de réduire les forces de propulsion ou d’impact. Celles-ci incluent un rapprochement spatial et temporel des membres postérieurs (dans sa forme extrême, ce qu’on appelle « bunny hopping » en anglais, une arrière main qui fait des sauts de galop comme un lapin), être sur les épaules, être terre-à-terre, un manque d’engagement et d’impulsion des postérieurs, devenir désuni, un galop sans phase de suspension, un galop à quatre temps ou un écartement anormalement large des membres postérieurs avec une élévation inhabituelle de l’avant-main (p. 35 Harmonious Horsemanship).
D’autres causes structurelles: les parties molles et dures
Dans le même ouvrage, Dr Sue Dyson cite plusieurs causes structurelles, ligaments, tendon, articulations (ilio-sacrale ou lumbo-sacrale par exemple) etc. en lien avec les problèmes de galop. Pour cette raison elle encourage également à une exploration vétérinaire approfondie si le sujet persiste, cf. à ce propos le dernière paragraphe de cet article.
Le head-tossing – mouvement vertical de la tête, de bas en haut
Les chevaux qui secouent la tête / jettent la tête en arrière (le head tossing, c’est un mouvement vertical) de manière répétée présentent généralement des douleurs musculo-squelettiques.
Différence entre head shaking and head tossing: le head tossing, c’est un mouvement vertical, haut vers le bas. Ce type de mouvement de tete disparait en général lorsqu’on anesthésie la cause primaire qui provoque des anomalies au niveau de l’allure (autrement dit cela prouve que ce type de mouvement de tête, vertical d’en bas vers le haut, est du a des douleurs musculo-squelettiques).
Certains chevaux ont du mal à garder le galop, c’est souvent du à des douleurs.
De même, un galop « fatiguée » n’est pas normal non plus. Un cheval parresseux est souvent un cheval qui a mal quelque part.
Lien entre galop et proprioception, équilibre, coordination, douleur et stress
Je précise d’ailleurs que le saut, la galop etc. nécessitent une bonne coordination. Celle ci est souvent encore insuffisante chez les jeunes chevaux. Lorsqu’un cheval a 13 ans et des années de travail monté derrière lui, par exemple ses problèmes de galop peuvent t il s’expliquer avec un manque d’entrainement? Par contre qu’est-ce qui entrave la coordination chez un cheval adulte? Le stress dégrade la proprioception. La douleur crée du stress chez le cheval, le stress a un impact négatif sur la proprioception. Et la coordination dépend d’une bonne proprioception entre autres. Il peut y avoir ce type de lien de cause à effet, créant des problèmes de coordination et équilibre même chez un cheval adulte monté pendant des années déjà.
Effet du cavalier sur l’éthogramme de la douleur monté, ou les problèmes de performance / d’allure ou de boiterie
Les compétences d’un cavalier (expert vs novice) n’ont pas permis de dépasser les signes comportementales de l’inconfort, même si le cavalier expert pouvait améliorer la qualité de l’allure et pouvait, chez certains chevaux, rendre invisible la boiterie.
Le fait qu’on voit moins de problèmes avec une équitation améliorée prouve juste l’impact de l’equitation sur la visibilité des problèmes, cela ne prouve pas qu’il s’agit systématiquement de problèmes d’entrainement, si le problème disparait. L’inverse est vrai aussi, un cavalier expert peut amener un cheval a se rassembler, et ensuite montrer des signes de douleur qu’il ne montre uniquement lorsqu’il est rassemblé. signes qui n’apparaissent pas sous un cavalier novice: car simplement ils n’obtient pas de rassembler chez ce cheval qui refusera.
Extraits traduits du livre Harmonious Horsemanship de Sue Dyson
L’entraînement approprié pour le galop
Extrait de la vidéo ci-dessus « Canter dysfunctions »
À quoi doit ressembler un entraînement approprié du galop ?
- entraînement varié: ‘cross training’
- barres au sol
- des changements entre allures raccourcis et rallongés, (foulés plus petites / plus grandes), des foulés plus rapides et plus amples, puis plus lentes, pour que le cheval ajuste son galop
- travail également en extérieur, y compris en terrain varié / dénivelé (monter, descendre) pour renforcer les postérieurs
- tout cela favorise l’impulsion du cheval vers l’avant et lui permet d’aller de l’avant naturellement
- utilisation de diverses techniques pour renforcer le développement musculo-squelettique
- si le galop s’améliore, vous faites probablement du bon travail.
- si votre cheval a des difficultés avec les changements de pied et que vous êtes en compétition, n’entraînez pas ces changements pendant la détente : le stress du cheval (faire quelque chose dont il sait qu’il le fait mal + contexte nouveau) va les détériorer ; on n’améliore pas le galop lors de la détente en compétition.
A propos de l’examen vétérinaire des dysfonctionnements du galop et importance de la selle dans la performance
Le Dr. Sue Dyson répond à la question « Mon vétérinaire me dit que le cheval ne boite pas / est normal / n’a pas de problème, que faire? »
« Premièrement, il faut reconnaître qu’il existe des vétérinaires équins généralistes et d’autres qui ont développé des compétences plus spécialisées et suivi une formation complémentaire postuniversitaire. Traditionnellement, la plupart des vétérinaires ont appris à évaluer les chevaux en mouvement à la main et à la longe. Il n’existait pas de tradition d’évaluation du galop ni d’examen des chevaux sous la selle. Il est maintenant reconnu que de nombreux chevaux ne présentent pas de boiterie à la main, mais en montrent lorsqu’ils sont montés. Il est également reconnu qu’un cheval peut trotter confortablement mais avoir des difficultés au galop à cause de douleurs musculo-squelettiques.
Deuxièmement, il est nécessaire de comprendre qu’un athlète humain ayant un problème consultera beaucoup plus volontiers un spécialiste en médecine du sport plutôt que son médecin généraliste. Tout propriétaire a droit à un second avis, et votre vétérinaire habituel ne peut pas s’y opposer — en réalité, il devrait même l’encourager. Le cheval doit être évalué par un vétérinaire possédant les compétences nécessaires pour l’examiner non seulement à la main et à la longe, mais aussi monté, et qui comprend comment les chevaux peuvent s’adapter à la douleur musculo-squelettique de diverses manières, y compris en altérant leurs performances. Ce vétérinaire doit être prêt à effectuer des anesthésies diagnostiques (blocages nerveux) afin de déterminer les sources de douleur, ce qui inclut une réévaluation du cheval monté. Idéalement, il devrait aussi posséder une bonne compréhension de l’importance de l’adaptation de la selle au cheval et au cavalier, ainsi que de l’influence considérable qu’une selle mal ajustée peut avoir sur la performance. Le changement vers une selle mieux adaptée peut constituer une partie importante de l’investigation. »
Ailleurs dans le livre une interviewée propose de créer un nouveau type de métier: « equine health advocate » qui s’assure que les diagnostics de boiterie / douleurs musculo-squelettiques sont poussés jusqu’au bout auprès des vétérinaires pour s’assurer qu’on traite vraiment la cause profonde des symptômes et qu’il n’y a pas d’approche « générale » par rapport au problème (injecter par exemple une substance anti-inflammatoire là ou ça apporte souvent du mieux au niveau des symptômes).
Les auteurs plaident pour des évaluations cliniques précises, qui comportent travail monté / en longe, avec un bon cavalier et novice, et par ex. deux selles différentes. (Extrait de l’ouvrage Harmonious Horsemanship p. 217).
D’autres infos sur les dysfonctionnements du galop: cf. mes notes (en anglais) du webinar Canter Dysfunctions, en bas de page.
Ressources
Livre
- Harmonious Horsemanship Dr. vet. Sue Dyson
Articles par Equine Mind Body
- Comment évaluer si le cheval ressent de la douleur ? Reconnaître les maux de dos et les autres douleurs
- Comment améliorer le contact?
- Comment évaluer l’ajustement de la selle?
Le webinar « Canter dysfunctions »: mes notes
Voici quelques notes prises en regardant le webinar, que je n’ai pas encore eu le temps de traduire. Vous y trouverez, en anglais, quelques infos sur: le lien entre race de cheval et galop, gastro et galop, saut d’obstacle et qualité du galop etc. Comment évaluer le galop sous selle.
33:08 (..)
they brace their backs and you get into downward spirals as to the canter
flying changes: have impact on both hind limbs
each has to push off strongly
so many horses find the changes difficult
sometimes one way sometimes both ways
bucking after jump when they need to change lead
sometimes at higher level they are allowed not to change
because they know the’ll keep the rythm better
and if at lower level they try to make them change this is where we get troubles sometimes visible
some horses have Sacro iliac pain and therefore have issues with canter
breeds related canter issues
icelandic -special gait- can find canter also more difficult
but most breeds can canter
if horse is inherently croup high they will find it difficult to push from behind and sit behind
but need to differentiate from young horse that is young croup high and those who have altered posture to croup high through pain, those need different approach
while need to accept that horse that has always been croup high may never have a good canter 40:10
Canter & gastric ulcer : real causal chain vs common idea
reluctance to canter, hopping in canter, frequently related to other things, gastric ulcer or else: common idea
also caution with claims like PSSM is primary cause of poor canter
gastric ulcer: the horse is having pb with canter because it has musculo skeletal issue, this pain creates stress, then follows the gastric ulcer as a consequence
not the ulcer causing pb in canter.45:10
many horses which are uncomfortable in the gait make a louder noise and they do so more in canter
reduction of respiratory noise after nerve block reduces pain
so look at pain with respiratory noise
but caracter of noise was more caracteristic of.. (roar?)
but airway is influenced by head and neck position
so if because of musculo skeletal pain the horse gets (quicker) and then the rider restricts it with hands, then we may have air way issues
if horse ridden more strongly because of horse having pb elsewhere
bucking at beginning of exercises
if issue with first when getting into canter
depends which buck
if horse wants to get rid of rider
if bucking and kicking out can be sign of sacro iliac pain,
some of show jumper land (after extreme effort) and then land and bucks: have a component of Sacro iliac pain 50:35
but if horse is on lunge and bucks a couple of time, and
but small buck when going first in canter that would not worry me unduely unless horse tries to buck her off
the U shape bucks which are repeated normally persist and don t go away with exercise, they are almost always always associate with pain 51:10
the other buck can be associate with pain but not necessarily so
Tripping
was horse tripping behind or front or both
if tripping behind this could be because toes of feet are too long, horse not strong enough, could be reflection of hind limb lameness
if you have chronic pain neuromuscular pathways change
if you thing about older people with pain, they fall over more often, they have altered neuromuscular pathways
we see the same with horses with pain
so are not landing properly
fetlock not standing properly, limb less stable
so propensity to trip will go away if neuromuscular pathways improve
if trip in front, could also be neck issues
tripping behind and front: is horse having neurological issue? incodination or weakness? which makes it more likely to trip
what should evaluation of canter under saddle look like
so both reins, at periphery of arena and
at least 20m circle and also smaller circles too as more difficult for horse
and also a number of transitions , repeated transitions are difficult, from canter to trot and trot to canter
repeaeted transition more difficult
tells how they are engaging hind limbs, bec horses issues
so downward transition from canter to trot if hind limb issue, will not flex lumbar region correctly, will not bring hind limb under
they will take irregular steps will not step under 55:10
if rider in 3 point position
and see how horses changes direction, see it from behind side
and ask the rider what do you feel
see how horses is moving and what it does to the saddle and to the rider
