Les mythes de la physio équine: le tonus musculaire « utile »

On entend très régulièrement des professionnels du monde équin affirmer qu’il ne faut surtout pas retirer tel ou tel hypertonus musculaire chez tel ou tel cheval, ça lui enlèverait « stabilité » ou « sécurité » etc. Je pense que c’est une idée qui est beaucoup repris, mais on n’a en réalité peu de données issues de la recherche.

Qu’en est-il vraiment? D’abord: mes sources

J’ai posé la question à quatre vétérinaires qui exercent aussi comme ostéopathe et ou physiothérapeute équin, dont Dr. vet. Ann Marie Hancock, et une vétérinaire enseignante au DIPO (Deutsches Institut für Pferdeosteopathie) ainsi que ma superviseuse, bien sur.

Dans ce domaine où on manque de données solides (recherche), je suis plutôt contente d’avoir pu obtenir leurs retours.

Alors, qu’en pensent-t-il?

Tous les quatre étaient opposés à l’idée d’un « hypertonus » nécessaire ou utile dans la plupart des cas. Contrairement à ce qu’on peut lire régulièrement, ils ne considèrent pas qu’il existe (à quelques rares exceptions près, cf. ci dessous) un hypertonus musculaire qui devrait être maintenue, ne serait ce que temporairement (faute de quoi des choses sérieuses pourraient arriver au cheval).


D’abord: les cas où préserver un hypertonus peut se justifier:

  • Phase directement précédant une compétition: si le cheval qui est dans une phase (quelques jours) avant une compétition. Cela modifie son schéma corporel. Dans mon expérience personnelle: oui ca modifie le schéma corporel, c’est d’ailleurs ce qu’on veut (dans mon cas), et dans mon expérience personnelle jusqu’à présent toujours vers l’amélioration précisément ! Mais admettons: le cheval met un certain temps à s’habituer aux changements – même positives – et à retrouver un nouvel équilibre, ce point se justifie donc.
  • Certains cas de chevaux avec arthrose: Sachant que si le fait de retirer un hypertonus est négatif pour le cheval, il va retrouver très rapidement (dans les 15 jours) ce tonus (source: Dr Rikke Schultz, lors de la formation sur les lignes myofasciales à laquelle j’ai assisté). N’oublions pas que pour de nombreux chevaux, l’hyperontonus est justement quelque chose dont il faut se méfier en cas d’arthrose, par rapport à la santé des articulations, de la locomotion physiologiques, ce que j’ai essayé d’expliquer dans mon article sur l’arthrose.
  • toute compensation finit par mener à une « décompensation » (symptômes visibles, boiterie, etc.) ;
  • autrement dit, les tensions non physiologiques, les contractures et les points gâchettes doivent être relâchés ;
  • et qu’on ne retire jamais, par massage et autres techniques, იმდენ de tension musculaire au point d’empêcher le muscle d’assurer sa fonction de maintien ; on lui permet au contraire de fonctionner à nouveau de manière physiologique, afin qu’un métabolisme sain se rétablisse.

Des ouvrages du domaine humain, comme ou vont d’ailleurs dans le sens

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