Les pieds du cheval: une perspective biomécanique

Le sujet des pieds du cheval et de leur entretien est extrêmement vaste et fait l’objet de nombreux débats, souvent controversés. Sur bien des aspects, il n’existe pas de véritable consensus, et le principal concerné — le cheval — est non verbal : il ne peut s’exprimer qu’à travers son comportement, sa locomotion et les pathologies qu’il développe.

L’entretien des pieds devient donc le terrain de tous les errements, de nombreuses confusions et de véritables guerres de tranchées idéologiques au sein du milieu équestre international. Autant dire que je ne me suis pas précipitée sur ce champ de mines : cela fait deux ans que je procrastine la rédaction de cet article sur les sabots.

Pourquoi y consacrer du temps alors (cet article représente deux journées entières de travail)? C’est un sujet excessivement important: il est très courant de voir, par exemple, des pinces trop longues, ce qui est très délétère pour le cheval (douleurs, problèmes de locomotion, de performance, d’aptitude au travail monté, etc.).

Selon le Dr Sue Dyson, malgré l’importance des pieds du cheval pour sa santé, les données probantes en podologie équine restent insuffisantes. Par conséquent, les formations dans ce domaine reposent encore trop peu sur des bases scientifiques: L’article est en bonne partie volontairement scientifique, détaillé et appuyé par des sources afin de vous permettre d’étayer, si nécessaire, vos discussions avec votre prestataire.

Donc compte tenu des liens nombreux et souvent bidirectionnels entre la santé des sabots, la qualité de leur entretien, le fonctionnement locomoteur et le bien-être général du cheval, je souhaite mettre ces informations à la disposition de mes clients, de leurs prestataires, et de toute personne intéressée par le sujet.

Les pratiques de maréchalerie et de podologie équine manquent encore de consensus, faute de données probantes et en raison de la multitude de paramètres propres à chaque cas. En revanche, un point fait l’unanimité chez les physiothérapeutes équins : la pince trop longue reste le problème podologique numéro un. Ce sujet est donc abordé dans la première partie.

Disons le d’emblée: on ne peut pas non plus parler de la bonne longueur de pinces sans parler du bon intervalle des rdv d’entretien, ce sujet est abordé dans la partie II, aux côtés d’autres informations d’ordre pratique.

Un mot sur les pratiques émergeants et les changements du marché

Une tendance que je vois en Allemagne: de nombreux podologues proposent de plus en plus aussi des formations à leur clients: On manque de podologues Outre-Rhin semble-t-il est les propriétaires veulent pouvoir gérer l’entretien (simple, léger) dans l’intervalle entre deux rdv de podologue, qui lui sert donc pour un travail plus important. Par ailleurs, le travail est physiquement dur et nécessite d’être en forme, donner des formations (pour propriétaires) fait donc sens aussi pour les podologues. Bien sûr on trouve aussi de nombreux examples où cela ne fonctionne pas mais tant l’offre que la demande se développent en ce sens en Allemagne (où le cadre légal est différent), deux examples: Team-Huf et K. Kattwinkel.

Sommaire

I Lien entre sabots et pathologies de l’appareil locomoteur / boiteries

  • Quel lien entre les douleurs musculaires, la locomotion et la longueur des pinces des postérieurs? (2010)
  • Le rôle des pieds postérieurs — ferrer le moteur
  • La recherche sur l’angle plantaire négatif (NPA ou negatif plantar angle en anglais) (2025)

II Informations générales sur le parage, l’entretien, la protection et la santé du pied

Reconnaître les défauts de ferrage et de parage : exemples choisis

  • L’évasement du sabot, la seime
  • Couronnes ou bourrelets coronaires à des hauteurs inégales
  • Le cheval trébuche plus souvent qu’auparavant
  • Reconnaître un fer trop court (plus fréquent que les fers trop grands)
  • Quel est l’interval optimal?

Parage et ferrage

  • Principes de parage du Dr Bowker: L’entretien du sabot physiologiquement correct 
  • Protection et correction du sabot: le ferrage, ses alternatives et les hipposandales
  • Le bon pareur 
  • Le professionnel du sabot – l’exemple de la situation en Allemagne

I Lien entre sabots et pathologies de l’appareil locomoteur / boiteries

Quel lien entre les douleurs musculaires, la locomotion et la longueur des pinces des postérieurs?

Pour de nombreux physios équins, une pince trop longue est une véritable épine dans le pied. Je reprends les conclusions de l’étude de Mansmann et al (2010) concernant ce sujet important. Cette sous-partie regroupe de nombreux détails scientifiques et anatomiques – nécessaires – mais le reste de l’article est beaucoup plus facile à lire.

En ce qui concerne par exemple la douleur du muscle féssier (glutaeus) chez les chevaux, les auteurs de l’étude citent plusieurs raisons qui peuvent expliquer qu’un cheval soit douloureux à la palpation de la région fessière. La plupart des textes impliquent une pathologie des muscles ou des structures squelettiques de la région sacro-iliaque. Dans leur étude, les auteurs proposent une autre explication: une longueur excessive de la pince des pieds postérieurs.

À gauche : La surface portante du pied (entre les deux lignes vertes) semble être trop avancée par rapport à la bande coronaire, au boulet et au canon. On remarquera également que ce cheval se tient avec le postérieur droit placé sous lui.
À droite : Gros plan du pied postérieur gauche, montrant un talon fuyant.

Les mécanismes biomécaniques restent à explorer, mais ils pourraient simplement impliquer un travail accru des extenseurs de la hanche, y compris du muscle fessier moyen, en raison d’un bras de levier plus long (c’est-à-dire une pince longue). Mansman et al précisent aussi: Bien que des études sur les pieds antérieurs de chevaux sains n’aient montré aucune modification significative de la durée de la phase d’appui ou de la phase de bascule avec des fers conçus pour la faciliter, le déroulement du pied — et donc l’effort requis — est allégé lorsque le point de bascule est reculé grâce à l’utilisation d’un fer à pince roulée.

Ce qui constitue une longueur de pince « excessive » pour un cheval donné reste à déterminer (individualité anatomique et fonctionnelle). Toutefois, sur la base de cette seule étude observationnelle, viser une distance de bascule (distance entre le point de bascule du pied et la pince) inférieure à 20 mm semble approprié pour un cheval de taille moyenne. Cette valeur cible de distance de bascule s’est révélée efficace chez les chevaux de cette étude et pourrait également reposer sur l’anatomie du pied.

Les chevaux présentant des pinces longues et des talons bas aux pieds postérieurs se tiennent souvent avec les postérieurs placés sous eux, ce qui peut leur donner une apparence de chevaux coudés (jarrets coudés).

Étant donné qu’une priorité du système locomoteur est de faire pivoter P3 (roisième phalange ou os du pied, cf. la radio ci-dessous) autour de l’articulation interphalangienne distale (IPD), ainsi que le doigt autour de l’articulation métacarpo- et/ou tarso-phalangienne, il ne semble y avoir aucun avantage structurel ou fonctionnel à ce que la distance de bascule soit supérieure à l’épaisseur de la paroi dorsale du sabot. Chez un cheval de taille moyenne, cette épaisseur se situe entre 15 et 20 mm.

Moleman et al. ont montré qu’au cours d’un intervalle de ferrage de huit semaines, le moment de force autour de l’articulation IPD augmente. Bien que la longueur de pince n’ait pas été mesurée dans cette étude, l’angle dorsal du sabot l’a été, et il diminuait d’au moins 3,58° au cours du cycle de ferrage, ce qui est compatible avec une augmentation progressive de la longueur de pince. On peut raisonnablement conclure que réduire la distance de bascule diminuerait le travail nécessaire pour faire pivoter P3 autour de l’articulation IPD.

La distance de bascule  correspond à la distance horizontale entre les deux lignes verticales représentées sur la radiographie de profil ci-dessous: l’une passant par la pointe de P3, et l’autre par le point le plus dorsal où le fer et/ou la paroi du sabot entre en contact avec le sol.

Reste à déterminer si réduire la distance de bascule à zéro, ou à des valeurs négatives, apporte un bénéfice supplémentaire. Les auteurs de cette étude ont créé involontairement une distance de bascule négative chez quelques chevaux et avons constaté que ceux-ci ne semblaient pas très à l’aise. D’après ces observations et la présente étude, la distance de bascule optimale pour un cheval de taille moyenne semblerait se situer approximativement entre 0 et 20 mm.

En conclusion, la présence de pinces longues aux pieds postérieurs est souvent associée à une douleur à la palpation de la région fessière. Le raccourcissement de la pince par le parage et la ferrure — ou par le parage seul chez le cheval non ferré — soulage cette douleur fessière dans un délai relativement court, de quelques jours à quelques semaines. Lorsque la longueur de pince ou la douleur du muscle fessier altérait le confort ou la fonction du cheval, on peut également s’attendre à une amélioration de son allure et de ses performances après un parage et/ou une ferrure correctifs (cf. Mansmann et al., 2010).

Le rôle des pieds postérieurs — ferrer le moteur

Une superbe contribution de Yogi Sharp, maréchal-ferrant britannique, sur sont Insta: Les pieds postérieurs jouent un rôle essentiel dans la capacité du cheval à maintenir sa propulsion, ainsi que dans sa biomécanique globale, tant statique que dynamique. Cela a un impact direct sur ses performances et sur son intégrité locomotrice. Des études ont établi un lien entre un mauvais équilibre des pieds postérieurs et des modifications posturales (Sharp et Tabor, 2022), ainsi qu’avec des pathologies du membre postérieur ; d’autres liens avec le tronc du cheval ont également été suggérés (Mannsman et al., 2010 ; Pezzanite et al., 2018 ; Clements et al., 2019).

Les répercussions posturales d’une pince longue et de talons bas sont de plus en plus étudiées et discutées par les professionnels, voici le post Insta de SustainablyBalancedEquine

Si les membres antérieurs supportent la majeure partie du poids du cheval — environ 60% de son poids total, pour être plus précis —, les postérieurs agissent comme le moteur : ils fournissent la poussée et propulsent le cheval vers l’avant.

Au niveau du membre antérieur, bien qu’un mauvais équilibre dorso‑palmaire du pied affecte le système musculosquelettique, les prédispositions les plus marquées et les plus étudiées se situent au sein même du pied. En revanche, au niveau des postérieurs, des conformations telles qu’une pince longue, des talons bas et des angles plantaires négatifs ont été associées à des pathologies situées plus haut dans le membre, notamment des troubles sacro‑iliaques, des conflits des processus épineux dorsaux (kissing spines) et une desmite proximale du ligament suspenseur du boulet.

Les données préliminaires suggèrent que les pieds postérieurs présentent souvent, naturellement, un alignement phalangien différent de celui des pieds antérieurs. Bien que cela soit normal, les angles plantaires négatifs demeurent une préoccupation majeure, car ils compromettent la proprioception et la posture.

En considérant les pieds postérieurs comme faisant partie intégrante de l’ensemble du système, les maréchaux-ferrants peuvent mieux soutenir le potentiel du cheval en matière de performance optimale, de longévité et de bien-être.

Yoga Sharp aborde beaucoup plus en détail l’importance de l’équilibre des pieds postérieurs en lien avec la posture statique dans ces webinars et articles (en anglais). Voir aussi son article Evidence based podiatry.

Source Yogi Sharp / The Equine Documentalist

Pour mieux comprendre la question de l’équilibre du pied du cheval, voici les résultats des récents travaux de recherche de Domańska-Krupa et al. 

La recherche sur l’angle plantaire négatif (NPA ou negatif plantar angle en anglais)

Extraits du travail de synthèse de Domanska-Krupa et al (2025) « A narrative review of practical recommendations regarding the impact of negative plantar angle on the longevity of sport horses » ci-dessous. Si vous lisez l’anglais, lisez la synthèse complète, ça vaut le coup. Je rajoute le pdf à la fin de la page.

Résumé

Caractéristiques externes d’une boîte cornée présentant un angle plantaire négatif : pince longue avec formation d’un nez de taureau (bullnose) et conformation à talons bas.

L’importance de l’équilibre du pied dans la prévention des boiteries du membre distal est bien connue et largement décrite. Cette revue présente les conséquences d’un alignement phalangien inapproprié et d’une orientation anormale de la surface plantaire de la troisième phalange dans le membre postérieur.

Les chevaux athlètes d’aujourd’hui travaillent très près des limites de résistance de certaines structures, et tout écart par rapport à une conformation idéale peut contribuer à leur dégradation. Par conséquent, reconnaître et prendre en charge un angle plantaire négatif est essentiel pour préserver la longévité de la carrière et le bien-être du cheval. Cette synthèse approfondie souligne l’impact de cette problématique sur l’aptitude au travail monté et la santé des chevaux de sport.

Definition

L’un des déséquilibres les plus fréquents au sein de la boîte cornée, tant sur les membres antérieurs que postérieurs, est l’angle plantaire négatif (NPA). Il a été décrit que, pour une conformation optimale du pied, l’angle formé entre la surface solaire de la troisième phalange et le sol devrait être compris entre 2 et 10 degrés.

L’influence d’un angle plantaire négatif sur la posture du membre postérieur et une radiographie correspondante du pied affecté.

Lorsque la pince de la troisième phalange bascule vers le haut et que ses processus palmaires ou plantaires s’orientent vers le bas, en direction du sol, on parle d’angle palmaire/plantaire négatif. Cette conformation est fréquemment observée chez les chevaux montés et, associée à des talons bas ainsi qu’à un axe pied-paturon brisé vers l’arrière, elle est actuellement considérée comme une cause importante de nombreuses pathologies.

La reconnaissance d’une conformation anormale des sabots est essentielle pour préserver leur forme et leur fonction. Sur la base de nombreuses études portant sur l’influence d’un angle palmaire négatif sur les structures contenues dans la boîte cornée des membres antérieurs, l’attention s’est progressivement tournée vers l’évaluation de l’orientation de la troisième phalange dans les sabots postérieurs.

Les membres antérieurs étant principalement responsables du soutien du poids, tandis que les membres postérieurs assurent la propulsion, des conséquences différentes sont attendues en présence d’un angle palmaire ou plantaire négatif. Dans les membres antérieurs, les principales pathologies liées à la rotation inverse de la troisième phalange résultent d’une augmentation des contraintes sur le tendon fléchisseur profond du doigt et sur l’os naviculaire.

Amélioration de la posture après parage et ferrage correcteurs.

En outre, l’hyperextension de l’articulation interphalangienne distale, le déplacement dorsal de la troisième phalange et le déplacement proximal de l’os naviculaire peuvent entraîner une boiterie ainsi que des lésions structurelles supplémentaires au sein du sabot.

Dans les membres postérieurs, l’angle plantaire négatif a été associé à des pathologies affectant l’ensemble du membre, et il a été démontré qu’il influençait de manière significative la posture du cheval.

Les activités équestres modernes sollicitent de nombreuses structures à la limite de leurs capacités, et tout écart par rapport à une conformation idéale peut conduire à une défaillance structurelle. Des soins podaux appropriés dès le plus jeune âge devraient être encouragés, car toute anomalie de la conformation du pied peut raccourcir considérablement la carrière sportive d’un cheval de sport. Par conséquent, le maintien d’un bon équilibre du sabot est essentiel dans le cadre des programmes d’entraînement intensifs modernes.

Options de traitement des pieds postérieurs présentant un NPA

Bien que les sabots des membres antérieurs et postérieurs soient anatomiquement similaires, leurs différences biomécaniques reflètent leurs fonctions distinctes. Alors que les membres antérieurs sont principalement responsables du soutien du poids, la tâche principale des membres postérieurs est la propulsion et la traction.

Par conséquent, la forme et l’angulation de la boîte cornée des postérieurs diffèrent considérablement de celles des antérieurs : elles sont plus droites et plus étroites. La sole est davantage concave et la pince plus pointue, ce qui favorise une propulsion efficace et détermine cette forme. Nos connaissances sur les sabots postérieurs restent limitées, car pendant de nombreuses années, l’attention s’est principalement portée sur les membres antérieurs.

Les principes de parage et de ferrure reposent sur l’idée fondamentale qu’un équilibre podal approprié est atteint lorsque les performances sont améliorées et que les capacités athlétiques à long terme sont le moins affectées possible. Selon ce principe, il n’y a aucune raison pour que les critères de parage appliqués aux pieds antérieurs ne s’appliquent pas également aux pieds postérieurs.

Pour comprendre la qualité de l’équilibre du pied, on tient compte du cheval dans son ensemble, tant dans sa posture statique que dynamique.

Ainsi, les principes de parage et de ferrure des postérieurs reposent sur l’idée qu’un bon équilibre du sabot est obtenu lorsque les performances s’améliorent, tout en préservant au maximum les capacités sportives à long terme. Cet équilibre peut être atteint grâce à une évaluation détaillée de la conformation du cheval et de son activité sportive. Cette évaluation devrait inclure des observations statiques et dynamiques, ainsi que la prise en compte de toute affection orthopédique sous-jacente.

Les principales recommandations de parage et de ferrure correctifs, fondées sur des principes biomécaniques, sont les suivantes :

  1. Corriger tout déséquilibre du sabot dans les plans médio-latéral et cranio-caudal avant d’appliquer une technique de ferrure.
  2. Assurer une absorption des chocs.
  3. Garantir un glissement approprié du sabot durant la phase d’impact secondaire.
  4. Optimiser la répartition des pressions pendant la phase d’appui, en fonction de la pathologie sous-jacente.
  5. Favoriser et optimiser le point de bascule (breakover).
  6. Améliorer le mécanisme du sabot.

[N. B. Sur ces différents aspects, vous trouverez plus de détails dans la partie II ci-après.]

Le respect de ces recommandations aide les sabots à absorber efficacement les commotions et réduit les contraintes exercées sur le système musculo-squelettique.

Un aspect positif concernant les pieds postérieurs est que les atteintes des talons sont généralement plus faciles à corriger que sur les membres antérieurs. Cela est lié aux particularités anatomiques et biomécaniques des postérieurs. En cas d’altération structurelle légère du pied postérieur, un angle plantaire positif peut souvent être restauré immédiatement par un parage correctif seul.

S’il existe une profondeur de sole suffisante sous la pince, la partie antérieure de la sole — depuis la zone la plus large du pied jusqu’à la pince — devrait être parée en forme de coin afin d’obtenir un angle plantaire de la phalange distale compris entre neutre et 3 degrés. La sole dans la région des talons ne devrait être parée que légèrement, afin de déplacer la surface d’appui vers l’arrière, jusqu’à la partie la plus large de la fourchette.

Lorsque la profondeur de sole sous la pince est insuffisante, le parage correctif doit être soutenu par des techniques de ferrure (cf. aussi la partie II de cet article) afin de restaurer un angle plantaire positif et un alignement normal du sabot. Après une intervention de maréchalerie appropriée, une amélioration de la posture se produit immédiatement.

Options de préhabilitation pour les chevaux présentant un angle plantaire négatif

La préhabilitation est une approche préventive visant à maximiser la santé et le bien-être, tout en réduisant les risques individuels de blessure et de maladie. Contrairement à la rééducation, qui se concentre sur la récupération après une blessure, la préhabilitation vise à prévenir les blessures avant qu’elles ne surviennent.

Chez les chevaux de sport, une méthode importante de préhabilitation consiste à éliminer les restrictions liées à une mauvaise conformation du sabot. L’équilibre des pieds postérieurs a un impact direct sur la posture des membres postérieurs et sur les contraintes exercées sur la région lombo-sacrée. Un angle plantaire négatif entraîne une posture dite canted-in, ou « campée sous la masse », qui exige un effort musculaire accru pour être maintenue.

Les chevaux passant généralement 22 à 23 heures par jour debout — pour manger, interagir socialement et dormir — cette posture est extrêmement exigeante et demande un effort neuromusculaire important pour être stabilisée. La posture neutre normale (PNN), généralement observée chez les chevaux sains et les chevaux sauvages, facilite un mouvement symétrique des membres dans toutes les directions.

La posture compensatoire anormale (PCA), également appelée posture canted-in ou posture campée sous la masse, est une posture resserrée observée chez certains chevaux. Elle est causée par des altérations structurelles dans des régions anatomiques essentielles et riches en mécanorécepteurs, telles que les sabots, le système stomatognathique ou la région cervicale haute. Chez ces individus, des signaux proprioceptifs erronés modifient le traitement neuronal et les réponses motrices.

Pour rester stables dans une posture canted-in, les chevaux doivent présenter une rigidité environ deux fois supérieure à celle nécessaire au maintien d’une posture neutre normale. Ainsi, une préhabilitation visant à renforcer ce groupe de muscles posturaux pourrait aider ces chevaux à supporter l’effort requis pour maintenir une position stable.

La conception d’une série d’exercices adaptée ou la mise en place de différents traitements physiques pourrait permettre d’anticiper les blessures, avant même que l’équilibre des pieds postérieurs ne puisse être restauré. Les douleurs chroniques des muscles fessiers liées à une posture accroupie peuvent être prises en charge efficacement par la magnétothérapie et les ultrasons thérapeutiques.

La stimulation électrique fonctionnelle (SEF) s’est révélée efficace dans la prise en charge des douleurs thoraco-lombaires chroniques . Elle peut également contribuer à réduire la raideur globale induite par une posture compensatoire anormale. En raison de l’effort neuromusculaire accru nécessaire au maintien d’une PCA, l’activation de la musculature profonde du tronc a un effet positif chez les chevaux présentant un angle plantaire négatif des membres postérieurs.

L’un des principaux muscles stabilisateurs du dos chez le cheval est le multifide. Une augmentation efficace de sa surface de section transversale peut être obtenue grâce à des exercices de mobilisation dynamique ou à des étirements induits par une friandise (baited stretches), lorsqu’ils sont répétés régulièrement pendant au moins douze semaines. L’application de SEF dans la région thoraco-lombaire des chevaux concernés pourrait produire un effet similaire.

Le passage au pas sur des barres au sol et des barres surélevées, ainsi que le trot lent sur des cavalettis surélevés, est également bénéfique pour le renforcement de la musculature du tronc.

Étant donné que des signaux proprioceptifs erronés modifient le traitement neuronal chez les chevaux adoptant une posture campée sous la masse, il est important d’intégrer un entraînement proprioceptif des membres postérieurs. À cette fin, une approche thérapeutique utilisant des stimulateurs tactiles légers — pesant 55 g — fixés autour des paturons postérieurs mérite d’être envisagée. Cette méthode aide à renforcer les muscles des membres postérieurs.

Problèmes d’aptitude au travail monté et de performance chez les chevaux présentant un angle plantaire négatif

Du point de vue du bien-être animal, toute affection douloureuse entraînant des changements comportementaux devrait faire l’objet d’une investigation approfondie afin d’en expliquer la cause sous-jacente. Les chevaux peuvent présenter une perte de propulsion des postérieurs, des ruades, des cabrés ou une réticence générale au travail. Ces chevaux sont parfois simplement qualifiés de « mauvais caractère ».

Des modifications comportementales indicatrices de douleur ont également été rapportées chez d’autres espèces, notamment chez le chien et le chat. La reconnaissance de ce fait devrait nous sensibiliser davantage à la possibilité que même de légers changements comportementaux signalent une affection douloureuse quelque part dans le corps.

L’équilibre global du corps est assuré par des lignes cinétiques myofasciales, qui relient les mouvements entre la colonne vertébrale et les extrémités. En raison de la connexion myofasciale entre la troisième phalange (P3) du membre postérieur, la région pelvienne et, plus en avant, le tronc, on comprend pourquoi de nombreux chevaux présentant un angle plantaire négatif ont des performances inférieures aux attentes.

D’après l’expérience des auteurs, les chevaux ayant un angle plantaire négatif peuvent manifester un manque de propulsion, une incapacité à engager pleinement les postérieurs et une réticence générale à avancer lorsqu’ils sont montés. Comme les activités équestres modernes sollicitent certaines structures à la limite de leurs capacités, tout écart par rapport à une conformation idéale peut provoquer une défaillance structurelle et de l’inconfort.

Après avoir constaté une baisse des performances du cheval, un examen orthopédique approfondi devrait être réalisé. Si le cheval est considéré comme non boiteux, mais manifeste malgré tout des signes de douleur musculo-squelettique lorsqu’il est monté, il doit être réévalué. Une anesthésie diagnostique devrait être envisagée après avoir exclu une selle mal adaptée et les facteurs liés au cavalier.

Dans le cas d’un angle plantaire négatif, l’anesthésie diagnostique concerne le sabot lui-même ou d’autres structures du membre affectées par la posture compensatoire anormale. Ces structures comprennent le ligament suspenseur proximal, le tarse, le grasset, la région proximale du métatarse, la colonne thoraco-lombaire ou le groupe des muscles fessiers.

Les changements comportementaux indiquant un déséquilibre des sabots postérieurs peuvent être évalués à l’aide d’un éthogramme de la douleur chez le cheval monté. Après avoir exclu les facteurs précédemment cités, vérifié l’ajustement adéquat de la selle et confirmé l’angle de la phalange distale par radiographie, l’angle plantaire négatif peut être considéré comme un facteur contribuant aux problèmes d’aptitude au travail monté.

Les chevaux dépensent deux fois plus d’efforts neuromusculaires pour se tenir debout et travailler dans une posture campée sous la masse, ce qui entraîne une fatigue musculaire. Cette posture inadaptée augmente les contraintes sur les articulations, les ligaments et les muscles des membres postérieurs, ainsi que sur la colonne thoraco-lombaire.

Les différents dégrées de sévérité de l’angle plantaire négatif (NPA negatif plantar angle)

Après correction des problèmes structurels des sabots, la posture du cheval revient à une position neutre, avec les membres placés d’aplomb. Une station « au carré » est considérée comme saine chez le quadrupède. Ainsi, lors d’une reprise de dressage, les chevaux devraient se tenir d’aplomb au moment du salut et de l’arrêt. Chez un cheval présentant un angle plantaire négatif, atteindre cette position peut être impossible, ce qui constitue un problème important d’aptitude au travail monté.

Par conséquent, afin d’optimiser les capacités de performance, des programmes de soins podaux individualisés devraient être mis en place afin de prévenir ou de réduire au minimum les surcharges indésirables des structures anatomiques de la boîte cornée et de l’ensemble du membre.

Conclusions

Le suivi de la morphologie des sabots et de la posture est essentiel à une approche proactive du bien-être et de la qualité locomotrice du cheval. Concevoir une série d’exercices adaptée aux chevaux présentant des angles plantaires négatifs revient à anticiper les blessures potentielles. Étant donné que les chevaux passent une part importante de leur vie debout, l’élaboration de programmes de préhabilitation pour ceux qui présentent des déséquilibres des sabots pourrait améliorer considérablement leur confort et leurs performances athlétiques.

Soutien de la fourchette avec une plaque et un matériau de comblement.

De nombreux auteurs ont déjà décrit les effets négatifs des déséquilibres des sabots postérieurs. La synthèse des biais possibles ou des variations entre les populations étudiées montre à quel point ce sujet est diversifié (tableau 2 dans la recherche citée, cf. ci-dessous dans la partie Annexe).

Encore une fois, aujourd’hui, le travail demandé aux chevaux est souvent très proche des limites de résistance de certaines structures, et tout écart par rapport à une conformation idéale peut contribuer à la dégradation de ces structures.

Compte tenu de l’influence de la conformation des sabots postérieurs sur l’ensemble du corps, il serait judicieux d’étudier en détail la biomécanique des membres postérieurs afin de suivre l’impact d’un angle plantaire négatif sur les charges exercées sur le membre. Puisque la conformation des sabots postérieurs affecte l’ensemble du corps, l’examen approfondi de la biomécanique des postérieurs permettrait de mieux comprendre comment un angle plantaire négatif modifie la répartition des charges dans le membre.

Selon les auteurs, des études biomécaniques utilisant l’électromyographie de surface des muscles des membres postérieurs, de la région lombo-sacrée, ainsi que des muscles fléchisseurs et extenseurs de la colonne vertébrale, permettraient de mieux comprendre comment certains muscles compensent la posture dite « campée sous la masse » (canted-in posture en anglais) observée chez les chevaux présentant un angle plantaire négatif (NPA).

L’électromyographie (EMG) pourrait être adaptée afin de détecter précocement les signes de surcharge musculaire et de fatigue dans les membres postérieurs affectés par un NPA, dans le but de prévenir d’éventuelles boiteries liées au pied.

L’EMG de surface pourrait également être utile pour évaluer objectivement l’influence de différentes interventions de maréchalerie employées pour corriger les angles palmaires élevés (HPA ou high plantar angle) et les angles plantaires négatifs (NPA), ainsi que pour suivre les modifications de l’activité musculaire au cours d’une période de ferrure.

Étant donné que les conséquences d’un NPA peuvent être responsables d’un arrêt prématuré de la carrière sportive, il conviendrait de se concentrer sur de nouvelles méthodes permettant de suivre l’influence des angles plantaires négatifs sur la santé des membres postérieurs.

Voir aussi: Le récent travail de synthèse d’Aoun et al., Horseshoe effects on equine gait—A systematic scoping review (2024)

II Informations générales sur le parage, l’entretien, la protection et la santé du pied

Reconnaître les défauts de ferrage et de parage : exemples choisis

1. L’évasement du sabot, la seime

Évasement sur un sabot trop long. Image: newsletter KG du 11 sept. 2025

Selon le Dr Karen Gellman, un bon moyen de savoir si l’intervalle entre les parages (ou le style de parage de votre maréchal-ferrant ou pareur) pose problème consiste à évaluer l’évasement (flare), c’est-à-dire la déformation de la paroi du sabot. La boîte cornée est produite à partir du bourrelet périoplique (semblable à notre cuticule) et pousse vers le bas pour protéger l’extrémité vivante du doigt : la troisième phalange (ou os du pied). Si la paroi est trop longue, l’effet de levier exercé sur elle va l’écarter de son profil plat naturel. C’est ce que l’on appelle l’évasement. (Essayez de recourber votre ongle en arrière depuis son lit… vous voyez l’idée !). Que cet effet de levier entraîne un évasement, un décollement de la paroi au niveau de la ligne blanche sous la sole ou des seimes en quartier dépendra probablement de la santé du tissu podophylleux et du taux d’humidité de votre région.

Le premier centimètre sous le bourrelet périoplique indique l’angle correct de la paroi pour l’ensemble du pied. En observant le sabot de profil, vous pouvez donc repérer si cet angle change.

Une paroi normale doit être plate et non incurvée. Il est parfois plus facile de sentir ces courbures au toucher plutôt que de les voir à l’œil nu, lorsque vous prenez le pied en main. Évasement = Déformation. Le sabot s’adapte aux contraintes et aux variations de son environnement, mais ces modifications sont rarement bénéfiques pour votre cheval à long terme.

Fissures longitudinales (seimes) dans le sabot :

Même son de cloche chez DressurStudien: Les fissures sont souvent banalisées à tort. « Même si ces fentes ne sont souvent pas dangereuses, une chose est certaine : elles indiquent que la statique du sabot est anormale et doit être vérifiée. Il recommande d’en discuter directement avec votre maréchal-ferrant ou pareur afin de trouver ensemble une solution adaptée.

D’autres causes des fissures et éclats de la paroi du sabots

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une affection en soi, repérer précocement aussi les petits fissures et les éclats de la paroi du sabot peut aider à éviter que les problèmes ne s’aggravent.

Les fissures et les éclats surviennent souvent lorsque les sabots sont secs ou cassants, en cas de mauvais équilibre du pied, de parages trop espacés ou d’une usure excessive. Ils sont particulièrement fréquents lors des changements de saison, lorsque les sabots peuvent se dessécher ou, au contraire, se ramollir sous l’effet de conditions humides.

Si les petits éclats sont généralement seulement esthétiques, des fissures plus profondes peuvent devenir problématiques lorsqu’elles atteignent des structures sensibles ou permettent l’entrée de bactéries. Cela peut entraîner des affections telles que des abcès ou une maladie de la ligne blanche.

2. Couronnes ou bourrelets coronaires à des hauteurs inégales

Les bourrelets coronaires doivent être à la même hauteur. Si vous vous placez devant votre cheval et constatez que ce n’est pas le cas, mieux vaut en parler sans attendre à votre pareur ou maréchal-ferrant. Pour le cheval, une telle asymétrie revient à « devoir marcher avec des chaussures différentes, comme s’il portait une basket d’un côté et un escarpin de l’autre. Ou bien, s’il est pieds nus, comme s’il avançait sur des échasses de hauteurs différentes. » Cela engendre des tensions dans l’ensemble des articulations supérieures jusqu’au dos, allant de simples contractures à de véritables boiteries.

Creux palpable au niveau de la couronne

Si vous passez votre doigt sur la couronne, vous pouvez sentir s’il est régulier ou si on sent un creux. L’affaissement du bord du bourrelet coronaire serait causé par la suppression ou le raccourcissement excessif des barres. Celles-ci ont, au sens propre du terme, une fonction porteuse. Sans les barres, le mécanisme du sabot est durablement altéré. S’accompagnerait souvent de fissures / seimes et la statique du sabot (à l’intérieur du sabot) serait en général entravée.

3. Le cheval trébuche plus souvent qu’auparavant

Ici, votre vigilance de propriétaire est primordiale. Vérifiez les intervalles entre les parages et réduisez la fréquence si nécessaire : La pince de votre cheval a probablement trop poussé, ce qui l’empêche de basculer correctement le pied vers l’avant et le fait trébucher. Si le prochain parage n’apporte aucune amélioration, il convient alors de faire appel à un vétérinaire.

Le fait qu’un cheval trébuche peut évidemment découler de multiples causes médicales, qui doivent être examinées par un vétérinaire en cas de doute. Toutefois, si ces trébuchements surviennent immédiatement après un parage ou un ferrage, la plus grande vigilance est de mise. Il est possible que la tension tendineuse ne soit pas optimale, que la sole ait été trop parée ou que les barres soient manquantes. Dès que vous le remarquez, vous devriez en parler à votre pareur ou maréchal-ferrant.

4. Reconnaître un fer trop petit (plus fréquent que les fers trop grands)

Les fers trop petits ou courts peuvent entraîner des défauts manifestes tels que des talons fuyants (ou sous-engagés), de la pourriture de fourchette, des seimes, des sabots asymétriques (ou déviés) ou des pieds qui débordent trop vite des fers, provoquant ainsi une compression de la sole. Ils peuvent également être à l’origine de tensions musculaires, de boiteries ou d’affections graves des membres, telles que des lésions arthrosiques ou des atteintes tendineuses.

Selon Yogi Sharp, une longueur de fer appropriée aide à créer une posture et une conformation idéales. Les pieds postérieurs sont souvent ferrés trop courts, ce qui favorise l’affaissement des glomes non soutenus. Lorsque l’on crée l’alignement idéal, de nombreux repères externes se rejoignent.

5. L’interval trop long: quel est l’interval optimal?

C’est le sabot qui dicte l’intervalle d’entretien (ou entre les parages).

La pousse de la corne et son usure déterminent l’intervalle d’entretien. La croissance de la paroi est d’environ 4 à 8 millimètres en quatre semaines. Le délai entre deux parages ou ferrages devrait donc être de 4 à 6 semaines. Pour certains problèmes de pieds, un intervalle de seulement 3 semaines est même nécessaire. Ce n’est que sur des sabots très symétriques, dotés de parois solides, que l’on peut éventuellement espacer les séances jusqu’à huit semaines. »

Pieds nus et pieds ferrés n’ont pas les mêmes exigences. Sur un pied ferré, la corne ne peut pas s’user par abrasion ; les pieds deviennent donc inévitablement plus hauts avec le temps, mais aussi plus longs selon l’inclinaison de la paroi. Sur un pied nu, en revanche, l’usure naturelle fonctionne. Il faut alors veiller à ce que la pousse de la corne et son usure s’équilibrent.

Une pousse non maîtrisée de la corne a des conséquences, aussi bien pour les chevaux ferrés que pour les chevaux pieds nus. Avec des parois toujours plus longues et plus hautes, les axes ostéoarticulaires subissent un transfert des charges. Les interlignes articulaires reçoivent des contraintes asymétriques, tout comme les tendons et les ligaments. Mais les structures internes du pied se modifient également. Non seulement ces contraintes affectent l’articulation distale avec son appareil podotrochléaire (naviculaire) et les tissus mous environnants, mais les fibres de collagène qui relient le chorion (podophylle) à la troisième phalange doivent aussi s’adapter aux sollicitations mécaniques et aux forces qui s’exercent au sein du pied. Ainsi, laisser de trop longs intervalles entre les parages ou ferrages expose à d’importants déséquilibres de charge, qui obligent ensuite à des corrections d’autant plus drastiques. Or, cela pose problème: En temps normal, les sabots évoluent lentement et l’organisme du cheval parvient à compenser beaucoup de choses. Lors d’un parage tardif, la correction est nécessairement brutale, ce qui empêche toute adaptation progressive.

Parage et ferrage

Principes de parage du Dr Bowker: L’entretien du sabot physiologiquement correct 

Ces idées sont tirés d’un article écrit sur le travail du Dr vet Bowker « More Hoof Ideas from Dr. Robert Bowker » et de Kauffmann (2018). N.b. Bowker n’est pas un professionnel du parage. Ses recherches fournissent néanmoins de nombreuses orientations utiles. Pour plus de renseignements, voir les nombreuses vidéos pédagogiques du Dr Bowker sur youtube.

« Différents maréchaux-ferrants et pareurs pieds nus préconisent tout un éventail de méthodes qui semblent généralement tout à fait logiques lorsqu’on écoute chacun d’eux individuellement, et pourtant, leurs techniques se trouvent souvent en contradiction totale les unes avec les autres. Heureusement, quelques âmes intrépides tentent d’apporter des réponses définitives grâce à la science rigoureuse — et leurs découvertes commencent à se frayer un chemin dans le domaine de l’entretien courant du sabot.

Nous avons précédemment mentionné le professeur émérite Robert Bowker, VMD, PhD, ancien directeur du Equine Foot Laboratory à la faculté de médecine vétérinaire de l’université d’État du Michigan. Les recherches novatrices du Dr Bowker sur la physiologie et la biomécanique du pied équin l’ont amené à définir ce qu’il nomme le « parage physiologique », un ensemble de directives de parage utilisé avec un grand succès par des professionnels du soin des sabots issus d’horizons divers, aussi bien sur des chevaux pieds nus que ferrés. Bien que l’approche du Dr Bowker puisse sembler étrange à certains, une grande partie de ce qu’il préconise n’a en réalité rien de véritablement nouveau.

« Ce qui est nouveau, c’est que ses travaux ont permis d’éclairer pourquoi et comment ces paramètres de parage peuvent s’avérer utiles dans la prévention et le traitement des boiteries liées au sabot.

Ce pied est entretenu selon les principes du parage physiologique du Dr Bowker. L’arrière de la fourchette entre en contact avec le sol (A) ; les barres participent au support du poids (B) ; la sole n’est pas creusée (ni évidée) (C) ; et la pince est courte et chanfreinée pour faciliter le départ du pied (D).

De quoi s’agit-il ?

L’objectif du parage physiologique est de permettre au pied de dissiper l’énergie avec une efficacité maximale, tout en offrant simultanément un soutien optimal, cf. image ci-contre. Pour y parvenir, le Dr Bowker énonce ces principes fondamentaux :

L’arrière de la fourchette doit être en contact avec le sol. Cela signifie généralement que très peu de tissu de la fourchette, voire aucun, n’est retiré lors du parage.

Les barres doivent participer au support du poids sur une surface meuble/adaptable, en étant en moyenne juste un millimètre ou deux plus courtes que le niveau de la paroi du sabot. La plupart des chevaux ne nécessitent que très peu, voire aucun parage des barres si l’entretien des pieds est réalisé à des intervalles appropriés.

La sole vivante ne doit pas être « abaissée » ni retirée. La sole, en particulier sa partie externe située la plus près de la paroi, doit participer au support du poids, tout comme la fourchette et les barres, lorsque le cheval se tient debout ou se déplace sur une surface autre qu’une surface dure et plate.

La pince doit être courte, avec environ 1/3 du sabot situé en avant de la pointe réelle de la fourchette, et 2/3 en arrière de cette pointe. Cela équivaut également, de manière générale, à environ 50 % de la masse du sabot en avant de la partie la plus large du pied et 50 % en arrière de celle-ci.

La pince doit être chanfreinée pour faciliter le départ du pied (le breakover), et le point de bascule doit se situer près de l’extrémité de la troisième phalange (l’os du pied).

L’os du pied doit être légèrement plus élevé (de 2 à 5 degrés) à l’arrière, ce qui lui permet d’être parallèle au sol lorsque le sabot se pose légèrement par le talon en premier, comme il est censé le faire à la plupart des allures. C’est le moment de l’impact le plus violent. 

Les chevaux devraient être gardés pieds nus dans la mesure du possible ; si des fers s’avèrent nécessaires pour certains événements ou activités, retirez-les une fois l’effort terminé. 

Toutes les modifications visant à obtenir ce parage, ou tout autre parage, doivent être effectuées progressivement.

De plus, le Dr Bowker recommande d’installer les chevaux sur un sol présentant suffisamment de souplesse pour épouser la surface solaire du pied (engageant toutes les structures dans le support du poids), mais suffisamment de fermeté pour offrir la pression et la stimulation bénéfiques mentionnées précédemment. De nombreux professionnels du secteur constatent que la combinaison du parage physiologique avec un mouvement abondant sur un type de sol adéquat constitue le meilleur moyen de créer un pied doté d’une fonction biomécanique optimale — un pied qui protège les os et les tissus mous contre les blessures tout en supportant une poussée et des forces de charge considérables.

Bien que les études du Dr Bowker l’aient amené à conclure que la forme et la fonction optimales du sabot sont obtenues lorsque les chevaux restent pieds nus, les maréchaux-ferrants qui appliquent ses principes à des chevaux ferrés rapportent d’excellents résultats.

L’une des raisons principales pour lesquelles le parage physiologique fait une telle différence réside dans le fait que lorsqu’il est mis en pratique, le pied, qu’il soit ferré ou pieds nus, ne subit pas de charge périphérique. Le Dr Bowker affirme : « Je ne sais pas d’où est venue l’idée selon laquelle les parois étaient censées constituer la structure principale de support du poids, mais tout ce que je peux dire, c’est que les données que nous avons recueillies semblent indiquer le contraire.« 

Bien qu’il s’agisse d’une façon retenue de présenter les choses, le Dr Bowker et de nombreux autres experts affirment avec force que le sabot équin n’est pas conçu pour « être suspendu » aux engrenages podophylliteux (la lame lamellaire), et qu’il s’expose à une quantité inquiétante de problèmes lorsqu’il est contraint de le faire. La tension excessive exercée sur les lames altère la solidité de leur liaison, la circulation sanguine à l’intérieur du pied se trouve modifiée et compromise, les structures de soutien peuvent subir des dommages et avoir tendance à s’atrophier, la sole s’affine, la paroi devient plus fine et plus fragile, et la troisième phalange peut se retrouver poussée vers le bas à l’intérieur de la boîte hornée — pour ne citer que quelques exemples.

Ce cheval vit dans une région où le sol est meuble et humide la majeure partie du temps. Sur un tel sol, ce pied ne subirait pas de charge périphérique, bien que la fourchette ne descende pas jusqu’au niveau du bord inférieur du fer. Remarquez l’écart entre le niveau de la fourchette (ligne bleue) et le niveau de la surface du fer en contact avec le sol (ligne jaune). Si ce cheval vivait ailleurs ou travaillait sur un sol plus ferme, le pied pourrait subir un certain degré de charge périphérique.

Malheureusement, la charge périphérique est extrêmement fréquente chez les chevaux ferrés, et elle peut également survenir chez les chevaux pieds nus, bien que ce soit moins courant, car leurs parois ont tendance à s’ébrécher lorsqu’elles deviennent suffisamment longues pour supporter la majorité du poids. Mais qu’il soit pieds nus ou ferré, le degré auquel la charge périphérique affecte le pied varie en fonction de la capacité du sol sur lequel évolue le cheval à s’adapter à la forme du pied.

Lorsque le sol est suffisamment meuble pour remplir le dessous du pied et soutenir les autres structures — comme c’est le cas dans de nombreuses carrières — l’excès de hauteur causé par une paroi trop longue ou un fer est en partie atténué par la manière dont le pied s’enfonce dans le sol. En revanche, si le sol est plus ferme, la fourchette, la sole et les barres peuvent se retrouver totalement décollées du sol, ce qui les empêche de remplir leurs fonctions de soutien et de dissipation de l’énergie.

L’un des plus grands avantages pour les chevaux évoluant pieds nus est qu’il est relativement facile d’ajuster un sabot nu ordinaire pour que l’arrière de la fourchette soit en contact avec le sol. Les chevaux ferrés, en revanche, sont souvent privés de ce bénéfice, probablement parce que leurs propriétaires et leurs pareurs ne réalisent pas à quel point c’est un stimulant majeur pour la santé du pied, et peut-être aussi parce que les professionnels ne savent pas exactement comment s’y prendre pour amener la fourchette au sol chez un cheval ferré, même s’ils le souhaitaient. Heureusement, de plus en plus de maréchaux-ferrants découvrent la différence radicale que peut faire l’engagement de l’arrière du pied, et ils y parviennent avec succès.

A–D Un sabot nu n’a pas besoin d’une grande hauteur de fourchette pour entrer en contact avec le sol (A). En revanche, si vous prenez ce même sabot et lui ajoutez un fer, l’épaisseur du fer élève la fourchette, l’empêchant de toucher le sol et créant une charge périphérique, à moins que le cheval ne évolue constamment sur un sol meuble (B). Pour que la fourchette puisse toucher le sol sur un pied ferré, elle doit pousser afin de compenser la hauteur du fer (C). Mais si vous retirez le fer d’un pied doté d’une telle fourchette, celle-ci se retrouvera trop haute et nécessitera un parage (D)

Pour y arriver, il est nécessaire de comprendre avant tout que l’obtention du contact de la fourchette avec le sol n’est pas un élément isolé que l’on peut extraire des principes du Dr Bowker en laissant tout le reste inchangé. Tous les principes d’un parage physiologiquement correct doivent être mis en place, faute de quoi la fourchette a peu de chances d’être suffisamment saine pour descendre jusqu’au sol sur un pied ferré. Des problèmes tels que l’encastelure des talons et le déséquilibre dorso-palmaire (d’avant en arrière) nuiront au développement d’une fourchette robuste ; il convient donc de corriger au préalable l’ensemble de ces troubles.

Lorsque le pied du cheval touche le sol correctement et que l’ensemble des structures remplissent leur rôle, la dissipation de l’énergie atteint une efficacité maximale.

En revanche, si cette énergie n’est pas dissipée, des fréquences vibratoires élevées se propagent vers des structures qui ne sont pas conçues pour les supporter. Les études biomécaniques menées chez l’humain ont montré que ce sont précisément ces hautes fréquences qui s’avèrent si néfastes pour les os et les tissus conjonctifs (dont font partie les tendons). C’est pourquoi nous privilégions les baskets pour la course à pied : elles aident à dissiper cette énergie à haute fréquence. À l’inverse, les fers métalliques semblent élever les énergies d’impact à des fréquences encore plus hautes.

Repartir la charge sur toute la surface solaire permet de réduire la pression par centimètre carré. Cela modifie fondamentalement la façon dont le pied subit les forces d’impact.

Le Dr Bowker est loin d’être le seul à arriver à ces conclusions concernant la partie postérieure du pied, la perfusion sanguine et la dissipation de l’énergie.

Chaque aspect de la partie postérieure du pied est conçu pour dissiper l’énergie. La structure repose sur du cartilage et non sur de l’os, il y a des kilomètres de vaisseaux sanguins « supplémentaires » pour dissiper l’énergie hydraulique, et l’arrière du pied est conçu pour se déformer, fléchir et épouser le relief du sol. La fourchette est une structure très importante et souple qui devrait constituer le premier rempart d’amortissement pour l’ensemble du système.

Tout cela réuni offre un « roulement » plus doux et plus sûr pour les articulations, les ligaments, les tendons et les muscles — un peu comme la différence entre des pneus en caoutchouc et des roues en acier sur un camion. De plus, les chevaux présentant un faible développement de la partie postérieure du pied (qu’ils soient pieds nus ou ferrés) ont tendance à poser la pince en premier. L’impact en pince est un facteur majeur de rotation de la troisième phalange, de la plupart des seimes, des séparations de la ligne blanche et des douleurs dans la partie arrière du pied. Le point essentiel reste la prévention.

Quant à la qualité de la fourchette, c’est « use it or loose it » (ou « s’en servir ou la perdre ») selon le Dr Bowker, qui souligne aussi que le développement externe de la fourchette reflète la robustesse — ou le manque de robustesse — de ses structures internes.

Par ailleurs, un sol mou peut être utile à certains égards (stimulation de la fourchette), mais il est souvent trop meuble pour exercer sur la fourchette les pressions et relâchements nécessaires au développement des structures internes du pied. Autrement dit, le fait de monter le cheval sur un terrain de sable ne suffit pas pour régler le problème.

Lisez n’importe quel manuel de maréchalerie et vous y trouverez une affirmation selon laquelle les sabots ont besoin d’une pause de ferrage pour « récupérer » des effets que les fers métalliques rigides exercent sur le pied. Certaines personnes en ont conscience et le prennent à cœur, retirant souvent les fers de leur cheval pour l’hiver lorsqu’il est moins monté. Les recommandations du Dr Bowker vont un peu plus loin, suggérant que si les propriétaires estiment devoir ferrer leurs chevaux pour un entraînement spécifique ou des concours, ils devraient retirer les fers immédiatement après, permettant ainsi au cheval de rester pieds nus la majeure partie du temps

Pour résumer les principes de Bowker

  • Le parage devrait être effectué aussi fréquemment que possible afin de minimiser les effets de la mise en charge périphérique. Une croissance excessive de la boîte cornée accentue cette mise en charge périphérique.
  • L’un des meilleurs outils de parage pour la limiter est le roll Mustang, car il réduit la pression exercée sur la paroi externe du sabot.
  • Bowker défend fortement le recul du point de bascule (breakover) : « Des pinces courtes sont ce que l’on peut faire de mieux pour un pied ! » Ses recommandations simples, qu’il appelle le parage physiologique, sont les suivantes : des pinces courtes, des talons courts, ainsi qu’un équilibre du pied selon le rapport 1/3–2/3 : un tiers du pied devant la pointe de la fourchette, et deux tiers derrière celle-ci.
  • Pour obtenir une paroi du sabot plus épaisse, raccourcissez les pinces. Pour corriger un talon fuyant, raccourcissez les pinces. Chez un cheval présentant une résistance à l’insuline, la partie interne de la paroi du sabot est en réalité instable — les kératinocytes y migrent davantage. Afin de compenser, il convient donc de réduire la charge appliquée à la paroi du sabot, notamment avec des pinces courtes et un roll Mustang.
  • Bowker s’oppose à l’amincissement de la sole en pince par dessous. Les pinces évasées devraient donc être reculées uniquement par l’avant.

J’ai demandé à l’IA de définir le mustang roll selon le Dr. Bowker, voici la définition de Gemini:

Le Mustang Roll (souvent appelé chanfrein mustang ou arrondi mustang) selon les travaux du Dr Robert Bowker est un bevel (biseau) fortement arrondi appliqué sur le bord inférieur de la paroi du sabot, allant de la ligne blanche jusqu’à l’extérieur du pied.

Dans les travaux du Dr Bowker, il se définit par plusieurs principes biomécaniques clés :

  • Rapprochement du départ du pied (breakover) : En supprimant l’angle vif en pince et sur les quartiers, le Mustang Roll diminue l’effet de levier exercé sur la paroi externe au moment où le pied quitte le sol (cf. l’image ci-dessus, voir aussi les vidéos du Dr Bowker, liens ci-dessous).
  • Réduction de la tension sur la ligne blanche : En éliminant cet effet de levier, il empêche les forces de cisaillement d’écarter la paroi de la sole, protégeant ainsi l’intégrité du pododerme.
  • Stimulation des structures internes : En enlevant l’appui excessif sur la paroi externe rigide, le Mustang Roll permet une meilleure répartition des charges sur la sole périphérique, la fourchette et le coussin plantaire, favorisant le développement et le renforcement des structures internes (notamment la cartification du coussin plantaire).
  • Reproduction de l’usure naturelle : Il s’inspire du profil d’usure observé chez les chevaux sauvages évoluant sur des sols durs et abrasifs, qui prévient naturellement les éclats et les évasements de la boîte cornée.

Critique du Mustang roll

Le manque de consensus en podologie équine touche également le Mustang Roll. Cela traduit l’unicité de chaque situation et la rareté des données probantes, qui empêchent toute généralisation à l’ensemble des cas ou types de chevaux. Comme toujours, il convient d’évaluer la situation dans sa globalité pour chaque individu, voici donc les critiques de cette approche:

En podologie équine, le « Mustang Roll » préconisé par le Dr Bowker fait l’objet de plusieurs critiques principales : l’utilisation excessive de cette râpe risque d’endommager la paroi et d’entraîner une sensibilité de la sole, tout en reposant sur une analogie biaisée entre l’environnement des chevaux sauvages et celui des chevaux domestiques. De plus, un arrondi trop prononcé réduit la stabilité et la traction du pied sur les sols meubles, s’appuie sur une simplification excessive des mécanismes de répartition de la charge, et conduit souvent à une application dogmatique du parage sans prendre en compte la morphologie individuelle de l’animal.

Protection et correction du sabot: le ferrage, ses alternatives et les hipposandales

Je ferai appel à deux sources principales: Dr Gottwald (2015), qui apporte un cadre anatomique et fonctionnel rigoureux, et Burkhard Rau (2020, 2023), dont l’approche holistique prône l’alternance des protections et la complémentarité des métiers du pied.

Le ferrage
Déformations typiques et lésions des sabots ferrés. image Dr T. Gottwald

« Un ferrage permanent devient « nécessaire » de lui-même. Au fil des ans, les « mauvais » sabots en particulier deviennent de plus en plus mauvais avec des fers. C’est un cercle vicieux. » Dr Gottwald

Dr Gottwald explique: « Un ferrage protège le sabot de manière plus complète que des chaussures thérapeutiques (hipposandales médicales) et offre en outre de multiples possibilités d’adapter la répartition des charges au problème spécifique du sabot. Il permet de créer des conditions de charge et des modifications d’aplomb qui ne sont pas réalisables pieds nus. Cette possibilité d’ajustement précis offre l’opportunité de soulager de façon ciblée les structures malades. Dans certaines circonstances, cette protection permet d’obtenir l’absence de douleur lorsque cela n’est plus possible avec d’autres mesures. Enfin, le ferrage constitue une alternative aux chaussures thérapeutiques lorsque le cheval, en raison de la gravité de ses problèmes de pieds, ne peut de toute façon jamais marcher sans protection à l’heure actuelle. On évite ainsi les problèmes dus au climat chaud, humide et sujet à la macération à l’intérieur des chaussures, tout comme les blessures par frottement.

Le texte de Gottwald datant de 2015 j’ai demandé à l’IA de l’actualiser (seul paragraphe rédigé avec l’aide de l’IA donc avec le passage sur le mustang roll ci-dessus:) « Ce qui a évolué, les nuances à apporter

  • L’émergence des protections synthétiques collées : C’est le changement majeur. Ces protections (souvent en polyuréthane) sont fixées sur le pied sans clous. Elles combinent la précision d’un ferrage orthopédique fixe (modification des appuis, soulagement ciblé) tout en offrant la souplesse, l’amorti et la stimulation vasculaire du pied nu. Elles remplacent de plus en plus le fer métallique rigide pour la réhabilitation.
  • La modularité des chaussures médicales modernes : Les chaussures de soins récentes intègrent des semelles intérieures personnalisables en mousse ou résine à mémoire de forme, permettant un soutien dynamique très précis (notamment de la fourchette), ce que ne permet pas un fer traditionnel ouvert (de manière comparable).

En résumé

L’affirmation reste vraie sur le principe : une protection fixe ajustée sur-mesure (ferrage) offre des leviers orthopédiques permanents qu’une chaussure amovible ne peut pas maintenir sans risques infectieux ou de frottements. Cependant, la notion de « ferrage » s’est élargie : il ne s’agit plus seulement du fer en acier cloué traditionnel, mais très souvent de ferrages orthopédiques en matériaux synthétiques collés. »

Inconvénients du ferrage

  • Manque de stimulations d’entraînement pour le sabot, entraînant une détérioration de la qualité de la corne ; ce phénomène est plus marqué avec un ferrage rigide qu’avec une protection flexible.
  • Déformation mécanique due à des sabots trop longs.
  • Plus grande sensibilité aux erreurs concernant la détermination de la forme et de l’aplomb sains du sabot.

Quelles sont donc les tendances des dernières années?

Alternatives au ferrage traditionnel: Duplo & cie.

Voici le point de vu de Burkard Rau, auteur d’un livre (2023), maréchal-ferrant et formateur: « Au cours des dernières années, les développements ont été considérables sur le plan technique. Non seulement la technologie a progressé, mais les prix appliqués aujourd’hui aux protections alternatives du sabot se sont également fortement rapprochés de ceux d’un fer à cheval. Le fer à cheval conserve toujours sa justification en tant que protection du pied. Cependant, aucun cheval (absolument aucun !) ne tolère bien le fait de marcher ferré toute sa vie, douze mois par an. Les inconvénients du ferrage métallique que nous décrivions déjà à l’époque subsistent toujours : il est lourd, il est rigide, il augmente l’énergie d’impact du sabot, du membre (et de l’ensemble du cheval) sur le sol. Et il empêche le fonctionnement complet du sabot en tant qu’« organe tactile ».

Du point de vue du maréchal-ferrant, du pareur et du thérapeute équin, je souhaite aujourd’hui réaffirmé clairement mon credo sur l’importance de l’alternance.

La tâche fondamentale et primordiale de toute personne travaillant avec les sabots est d’observer à tout moment le pied afin de détecter d’éventuelles déviations par rapport au sabot idéal. Si tel est le cas, il convient d’en identifier la cause.

Correction réussie sous ferrage Duplo. Avant (à gauche) et quatre mois plus tard (à droite). Photos prises chacune à la fin d’une période de ferrage de quatre semaines. (Gottwald)

Même si aucun professionnel n’est capable de faire une analyse exhaustive à tous points de vue, il reviendrait, selon Rau, néanmoins aux professionnels d’avoir des compétences dans l’ensemble des disciplines intervenant dans leur réseau social professionnel, afin de pouvoir intervenir très tôt lorsqu’est constatée une dégradation de la santé des pieds et du cheval dans sa globalité.

Si le fondement — c’est-à-dire le sabot — est en bon état, tout type de protection du pied est envisageable en alternance, selon la nature du sol, l’utilisation du cheval, la saison ou le choix du cavalier.

Au vu du nombre élevé de chevaux qui se déplacent en position de compensation avec une musculature sous tension, bien loin de trouver du plaisir au travail, je privilégie les protections qui absorbent l’énergie. À titre de protection universelle, je citerais ici le fer « Duplo », une protection synthétique constituée d’une enveloppe en polyuréthane et d’un noyau métallique.

Les protections purement synthétiques sans noyau métallique sont souvent inadaptées comme protection universelle du sabot, car elles favorisent généralement un évasement indésirable du pied.

L’évolution favorable des technologies a permis de réaliser, ces dernières années, des avancées spectaculaires, en particulier dans le domaine des protections du sabot à coller.

La protection du sabot à coller est facile à poser, offre une excellente tenue et, grâce à l’absence de trous de clous, ne crée aucune porte d’entrée pour les agents dégradants (bactéries et champignons).

Si le collage s’avère impossible pour une raison quelconque, le ferrage synthétique cloué constitue une alternative fiable.

L’amortissement propre aux matériaux synthétiques préserve la corne du sabot et assure un soulagement optimal de la musculature, des os, des articulations et des cartilages.

L’aluminium représenterait certes une alternative intéressante en raison de son faible poids, de son meilleur amorti et de ses vibrations réduites par rapport au fer en acier, mais sa production est extrêmement gourmande en énergie. Est-il réellement nécessaire de consommer cette ressource précieuse alors qu’il existe de bonnes alternatives à ce matériau ? Je ne le pense pas.

Le fer à cheval en acier reste quant à lui une forme de protection économique et universelle du sabot. Si on l’utilise en alternance avec une période pieds nus entre chaque ferrage (c’est-à-dire une phase pieds nus toutes les 5 à 6 semaines), c’est le moyen le plus simple de maintenir le sabot en bonne condition. Il est bien sûr également possible de ferrer un cheval avec des fers en acier et de conserver un pied constamment de qualité tout au long de sa vie. Cela est envisageable lorsque le mode de vie, la gestion du cheval ainsi que le niveau du cavalier sont nettement au-dessus de la moyenne. D’après mon expérience, c’est aujourd’hui rarement le cas dans la réalité. C’est pourquoi je considère que la méthode proposée — à savoir ne pas ferrer de manière systématique — constitue la meilleure voie.

Le marché des hipposandales a lui aussi énormément progressé ces dernières années. Il n’est plus du tout difficile aujourd’hui de trouver une chaussure adaptée et idéalement ajustée à presque n’importe quel sabot, mais il est plus complexe que jamais de trouver des hipposandales véritablement adaptées au cheval lui-même. À l’exception de très rares modèles, elles sont beaucoup trop lourdes et rallongent la pince de sabots pourtant corrigés avec grand soin.

Les hipposandales
Le point de vue de Gottwald (2015)

« Parmi les solutions de protection du sabot présentées dans les sections suivantes, les hipposandales constituent l’option la plus flexible et la plus proche de la marche pieds nus intégrale. Les hipposandales modernes représentent aujourd’hui une véritable alternative de protection à part entière. Elles sont particulièrement adaptées à l’équitation d’extérieur et de loisir, mais peuvent également constituer un outil précieux pour l’entraînement des chevaux de sport.

L’avantage particulier des hipposandales réside dans le fait qu’elles peuvent être utilisées de manière ponctuelle pour de longues promenades, des sorties sur terrains particulièrement caillouteux, des randonnées ou des épreuves d’endurance. Ainsi, lorsqu’on en a besoin, on dispose d’une protection qui préserve de l’usure excessive ou des sols très rocailleux au moins aussi bien qu’un ferrage métallique, tout en conservant pour le cheval l’intégralité des bénéfices du pied nu. Même en cas d’utilisation quotidienne — ce qui reste très rarement nécessaire —, le cheval passe 23 heures par jour pieds nus. Utilisées judicieusement, les hipposandales permettent de préserver en permanence l’équilibre naturel entre l’usure et la repousse de la corne. Enfin, elles constituent une solution très économique : leur durée de vie moyenne est d’environ 1 000 km, soit plusieurs années en usage de loisir. Leur prix d’achat, compris entre 250 € et 400 € pour 4 unités, est ainsi amorti au bout de 3 à 5 périodes de ferrage seulement par rapport aux économies réalisées.

Source Gottwald, tableau de 2015: sans doute cela a changé, je le mets à titre indicatif

Les modèles d’hipposandales ont connu une évolution considérable au cours des dernières années. Alors que les premières générations exigeaient parfois beaucoup de patience de la part du cavalier, il existe aujourd’hui un vaste choix de modèles modernes, confortables tant pour le cheval que pour le cavalier. On peut monter avec ces chaussures avec autant de tranquillité qu’avec un ferrage. Correctement ajustées, les hipposandales tiennent parfaitement au pied et il n’est absolument pas nécessaire de les chercher en route. Les frottements ou blessures peuvent être évités en choisissant le modèle adapté à la distance prévue et en veillant à un ajustement rigoureux. Afin de réduire au minimum l’impact de la chaussure sur la locomotion, l’ajustement doit être réalisé avec la même rigueur que pour un ferrage permanent : l’hipposandale doit être moulante, présenter le point de bascule (breakover) au bon endroit et ne doit pas être trop courte aux talons. Les chaussures qui tiennent bien mais rallongent nettement la pince vers l’avant sont résolument néfastes. Les hipposandales, en particulier celles conçues pour les longues distances, pèsent nettement moins lourd qu’un ferrage métallique classique pour un même cheval. L’expérience montre que ce poids supplémentaire d’environ 200 à 400 g par membre ne gène ni ne perturbe la locomotion du cheval. En conclusion : si le soin nécessaire a été apporté à leur sélection et à leur ajustement, les hipposandales constituent assurément la protection du sabot qui entraîne le moins d’inconvénients comparativement au pied nu.

Les semelles en plastique synthétique offrent au cheval des qualités de déferrage très positives, très proches du pied nu. Elles ne restreignent pas la flexibilité du sabot et leur amortissement est excellent. En particulier, l’adhérence de la semelle synthétique sur le sol est très similaire à celle de la corne nue, ce qui permet au cheval de conserver un comportement locomoteur naturel. Les rumeurs tenaces prétendant que les semelles synthétiques « bloquent » la foulée du cheval dans sa locomotion sont tout simplement fausses et infondées. La phase de glissement observée lors de la pose du pied avec un fer métallique est une caractéristique négative de ce type de ferrage. Dans la locomotion naturelle du pied nu, il n’existe aucune phase de glissement.

Après le premier ajustement des hipposandales, il convient de laisser au cheval l’occasion de s’y habituer. La plupart des chevaux se déplacent immédiatement de manière tout à fait décontractée avec des chaussures, bien que certains chevaux émotifs puissent se montrer inquiets au début. Après une présentation en main, l’idéal est de longer le cheval aux trois allures dans une carrière ou sur une herbe dégagée. On observera alors la qualité de la locomotion et l’on s’assurera, bien entendu, que les hipposandales restent parfaitement en place. Une fois ce premier test réussi, elles peuvent être utilisées pour le travail monté ou attelé.

Problèmes de pieds, utilisation thérapeutique et transition au pieds nus

Si un cheval présent d’un problème de pied léger a simplement besoin d’une protection lors du travail monté, les remarques de la section ci-dessus s’appliquent. Dans ce cas, les chaussures ne sont mises que pour monter, y compris en carrière si nécessaire. Le reste de la journée, le cheval marche pieds nus. De cette manière, les chevaux récemment déférés peuvent eux aussi, en règle générale, être montés sans restrictions majeures. En plus d’apporter davantage de plaisir au cheval et au cavalier, ce mouvement est également bénéfique pour les sabots. Grâce à la stimulation apportée par le mouvement, les sabots s’améliorent généralement plus vite que si le cheval avait été complètement mis au repos sans protection.

Si le cheval se montre très sensible (sensible des pieds) sans protection, les hipposandales peuvent toutefois aussi être utilisées comme chaussures thérapeutiques (de soins) au pré et au paddock. Avec cette protection, il est généralement possible, même dans les cas complexes, de trouver immédiatement une solution permettant au cheval de bien se déplacer. Les modèles spécialement conçus pour les soins sont particulièrement adaptés (par exemple Easyboot Rx, chaussures Engl), mais aussi les Equine Fusion ou les Gloves. Les hipposandales qui nécessitent un système de tension serré sur le sabot ne conviennent en aucun cas comme chaussures thérapeutiques.

Selon le problème rencontré, des semelles souples et adaptées (en feutre, en mousse, ou parmi les nombreux modèles disponibles dans le commerce) peuvent être insérées dans les chaussures. Si nécessaire, les hipposandales peuvent rester au pied jusqu’à environ 20 heures par jour ; le reste du temps, le cheval doit évoluer pieds nus sur des sols qui ne lui provoquent aucune douleur. Une telle utilisation des hipposandales comme chaussure thérapeutique n’est généralement nécessaire que dans des cas particuliers et à court terme, c’est-à-dire pendant quelques semaines. » (source: Gottwald)

Le point de vue de B. Rau (2023)

« Les hipposandales ne constituent pas la meilleure alternative au fer traditionnel, à la protection synthétique ou au déplacement pieds nus. Les hipposandales représentent une option lorsque le cheval présente des sabots trop usés (ou trop raccourcis par le parage), lorsqu’il souffre temporairement d’une sensibilité de la sole, ou encore lorsqu’il a besoin d’une protection de pied sur la parcelle ou le paddock d’été pendant une période prolongée à la suite d’un changement d’écurie ou de conditions de vie. L’utilisation d’hipposandales s’avère également judicieuse en cas de pathologies de l’extrémité distale du membre, telles qu’un abcès de pied, un processus inflammatoire comme une fourbure ou toute affection similaire.

En revanche, dès qu’il s’agit d’allures rapides, voire très rapides, l’hipposandale n’est pas vraiment idéale en raison de son poids et de sa conception encombrante, car tout poids supplémentaire altère le trajet du membre pendant la foulée. Ce surpoids accentue l’impact sur les talons (pose du pied par les talons), modifie l’arc de trajectoire du pied et l’augmentation de la surface d’appui — combinée à l’allongement des leviers — peut générer une contrainte additionnelle sur les articulations phalangiennes si le cheval n’est pas encore en mesure de se placer et de s’incurver correctement. Enfin, et ce n’est pas le moindre des inconvénients, le rallongement de la pince causé par la chaussure altère le déroulement du pied (le départ du pied/le breakover).

Pour les randonnées au long cours ou un usage sollicitant fortement la corne, j’aime néanmoins utiliser des hipposandales. Je souhaite mentionner explicitement ici la Swiss Horse Boot (ou Rohner Boot, comme on l’appelle aujourd’hui) car, aux côtés de DallmerRohner a été l’un des premiers à s’attaquer au sujet des hipposandales et ces deux marques sont toujours présentes sur le marché. Cela suffit à tirer des conclusions sur la qualité de leur conception et de leur fabrication.

Il s’agit de l’un des modèles les plus éprouvés du marché, doté d’une construction très simple avec des composants que le cavalier peut remplacer lui-même. Le matériau et la conception permettent un ajustement et une modification individuels pour s’adapter à de nombreux sabots (bien que pas tous) et à diverses situations locomotrices du cheval. Les inconvénients de cette chaussure résident dans le fait que l’enfilage et le retrait sont un peu fastidieux, et que le cheval a besoin d’un certain temps d’adaptation pour pouvoir parcourir de longues distances avec la Rohner Boot sans risquer de blessure.

Pour le reste, je ne peux fondamentalement plus recommander d’autres chaussures : je dois malheureusement constater que des produits qui fonctionnaient bien jusqu’à présent ont été modifiés au point de ne plus pouvoir être réellement conseillés. Des chaussures autrefois de qualité subissent des changements de matériaux et perdent leurs bonnes propriétés, tandis que pour d’autres, les prix grimpent en flèche à une vitesse folle et deviennent presque inabordables.

Le mieux est de vous faire conseiller sur place, mais demandez à l’ajusteur d’hipposandales le modèle le plus léger possible, qui n’augmente que très peu le périmètre du sabot et rallonge la pince le moins possible.« 

Le bon pareur 

Un bon pareur travaille les sabots de manière à respecter deux règles fondamentales :

  1. Après le parage, le cheval marche aussi bien, voire mieux qu’avant.
  2. À chaque intervalle de parage, les sabots s’améliorent ou restent dans un état sain.

En cas d’échec: Seul un pareur rigide d’esprit — et donc mauvais — procédera à nouveau selon le même schéma lors du parage suivant et essuiera un nouvel échec. C’est pourquoi la troisième règle d’or du parage s’applique :

3. Si, pour un cheval donné, une mesure fait que les deux premiers critères ne sont pas remplis, il remet sa méthode en question et change sa façon de faire !

Outre ses compétences en matière de parage, il traite le cheval avec calme, cohérence et équité. Il veille à disposer d’un espace de travail sécurisé et prend soin de son matériel. De plus, il est capable d’expliquer son travail au propriétaire du cheval et est prêt à coopérer avec d’autres professionnels. Il respecte également ses rendez-vous. Enfin, il est en mesure d’ajuster des chaussures pour pieds nus (hufshoes) source: Gottfried.

Le professionnel du sabot – l’exemple de la situation en Allemagne

Dans son ouvrage Mit natürlicher Hufpflege zum gesunden Pferd, le Dr Tina Gottwald explique la situation Outre-Rhin: La formation professionnelle dans le domaine des soins aux sabots se trouve dans une situation proprement chaotique : selon l’état du droit actuel (situation en 2015), l’accès à la profession de parage ou de technicien du pied (parage et protection du sabot, à l’exception du ferrage métallique) n’est toujours pas réglementé. En effet, après le recours constitutionnel couronné de succès contre la nouvelle loi sur le ferrage de 2006, aucune nouvelle réglementation n’a été promulguée. Alors que la profession de maréchal-ferrant (parage pieds nus et tous types de protections du sabot) est reconnue par l’État et que les détails de la formation sont régis par la loi sur le ferrage, de nombreuses écoles privées forment des pareurs et des techniciens du pied.

Le problème principal réside toutefois dans le fait qu’il n’existe aucun standard unifié dans le parage des sabots, ni même d’efforts pour étudier de manière factuelle et factuellement fondée (évolutive/basée sur des preuves) les méthodes et les théories. Au contraire, des théories totalement différentes et contradictoires sont enseignées selon les institutions. Au lieu d’éliminer ces incertitudes ou du moins d’en discuter ouvertement, les diplômés sont souvent incités à restreindre leur vision à une seule méthode. Dans la pratique, cela a des conséquences catastrophiques : les interventions d’une qualité désastreuse sont très répandues. Un parage de qualité n’est généralement pas le résultat d’une formation solide et généralisée, mais dépend presque exclusivement de l’engagement individuel du professionnel.

Je recommande de choisir un pareur qui compte parmi ses clients de nombreux chevaux se déplaçant bien et dotés de sabots sains. La question de savoir s’il a suivi une formation et laquelle est secondaire, compte tenu des lacunes du système éducatif mentionnées ci-dessus. Une bonne façon de trouver de tels professionnels est souvent de demander des recommandations personnelles à d’autres propriétaires de chevaux de votre région. N’hésitez pas à observer leur travail sur les chevaux d’autres cavaliers avant de leur confier le vôtre. Tant les maréchaux-ferrants qui ferrent pratiquement tous les chevaux et ne négligent le parage pieds nus, que les pareurs pieds nus qui rejettent catégoriquement toute protection du sabot, sont à éviter.

Les premiers méconnaissent totalement le fait que le plus important et le plus difficile reste toujours le parage du sabot pieds nus, et non le travail du métal. En règle générale, cela entraîne des erreurs de parage si graves que les sabots se déforment considérablement et que les chevaux ne peuvent plus marcher sans fers. En clair : le travail de ces maréchaux-ferrants manque de fondement, et ce manque ne pourra jamais être compensé par un quelconque savoir-faire dans le travail du fer.

Les pareurs pieds nus mentionnés sont généralement tellement ancrés dans une idéologie qu’ils sacrifient le bien-être et la santé des chevaux à leurs principes. Même les échecs les plus évidents ne les amènent pas à se remettre en question, mais sont banalisés et qualifiés, par exemple, de « douleurs de guérison ». On observe parfois un comportement presque sectaire, assorti de compétences rhétoriques rodées face au propriétaire du cheval. Même sous une forme inoffensive, c’est-à-dire avec un parage tout à fait correct, ces pareurs privent malgré tout le cheval et le cavalier de nombreuses possibilités et du plaisir de monter ou de mener en attelage.

Comme un propriétaire ne peut pas et ne devrait pas se fier aveuglément au fait qu’un professionnel sait ce qu’il fait, il lui est vivement conseillé d’acquérir lui-même les meilleures connaissances possibles. Comme ce livre l’explique en détail, tout propriétaire suffisamment intéressé peut acquérir un savoir lui permettant d’évaluer le travail du pareur. Faites confiance à vos connaissances, faites-vous expliquer les choses en détail. Le parage n’est absolument pas une science occulte qu’un propriétaire moyen ne pourrait pas comprendre. Si quelque chose ne vous paraît pas clair ou ne vous semble pas logique, c’est très probablement parce que ce n’est effectivement pas clair ou que la méthode est mauvaise. Évaluez régulièrement et d’un œil critique les sabots de votre cheval. À cette fin, il est recommandé de prendre régulièrement des photos des sabots. (source: Gottfried)


N.b. j’ai utilisé l’IA pour traduire les textes de l’anglais et de l’allemand vers le français et pour les 2 passages identifiés en tant que tels dans le texte. Cet article représente 2 journées entières de travail.

Ressources

Articles

Mansmann et al.: Long Toes in the Hind Feet and Pain in the Gluteal Region: An Observational Study of 77 Horses (2010)

The Equine Documentalist, par le maréchal et chercheur britannique Yogi Sharp

Yogi Sharp également: Negative Plantar Angles and Pathology Along the Dorsal Myofascial Line

Domanska-Krupa et al. A narrative review of practical recommendations regarding the impact of negative plantar angle on the longevity of sport horses (2025)

Hoof Shape and Balance in Horses: Anatomy, Posture & Assessing Balance

Dr vet Bowker More Hoof Ideas from Dr. Robert Bowker

The Value of Measuring the Hoof

Dr vet Tomas Teskey: The Self-Trimming Hoof

Dr Karen Gellman Stumbling may be sign of serious problems

Master thesis: Trimming case studies A PRELIMINARY INVESTIGATION OF THE EFFECTS OF HOOF SHAPE ON THE HEALTH OF THE EQUINE HOOF Pankhurst

Germanophones: Fallstudien (Etudes de cas) Dr Gottwald

Dressurstudien Artikel « Not- und Sonderfall: Schmied vernagelt das Pferd » sur les clous mal-placés et les conséquences (à faire traduire par la IA)

Aoun et al. Horseshoe effects on equine gait—A systematic scoping review (2024) – pdf ci-dessous

Anglais: Guide Hipposandales: Anna Deli Hoof Boot Overview

Allemand: Team-Huf.de pdf

Livres

Burkhard Rau: Hufe gesund reiten (2020, 2023) – ouvrage rédigé par un maréchal ferrant, formateur, physiothérapeute et ostéopathe équin allemand

DressurStudien Das Huf-Heft (2017). Soutenez leur excellent travail: les revues peuvent s’acheter pour quelques euros et téléchargés dans l’app, ensuite vous pouvez traduire les textes allemands en français avec la IA

Liste bibliographique de l’Institut Français de Podologie Equine

Susan Kauffmann: Essential Hoof Book: The Complete Modern Guide to Horse Feet (2018)

Dr vet Tomas Teskey Insight to Equus

Dr Tina Gottwald Mit natürlicher Hufpflege zum gesunden Pferd (2015)

Vidéos / webinars

Live with Dr. Sue Dyson – No Hoof, No Horse (2023)

Ann Ramsey Equine rehabilitation and therapeutic farriery 1:12:55 dysfunctions of the foot and link with joint disorders (capture d’ecran ci-dessous)

Wendy’s Webinars. La Directrice de pads d’équilibre SureFoot a trois playlists consacrées aux sabots, la podologie etc. sur sa chaine Youtube:

Dr Karen Gellman: Watch Daisy and Karen speak about Posture and Hoof Balance


Annexe


Ann Ramsey Equine rehabilitation and therapeutic farriery 1:12:55 dysfunctions of the foot and link with joint disorders (capture d’ecran ci-dessous) :



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